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9/10Les Bêtes de Black City - tome 3 - Le feu de la vengeance

/ Critique - écrit par Maixent, le 03/01/2016
Notre verdict : 9/10 - Women unchained (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Suite et fin des aventures des anges de Black City.

Troisième tome de ce tryptique sanguinaire et violent mené tambour battant par Rastrelli et Nuti, les deux italiens concluent leur saga comme on s’y attendait, dans une rage graphique sans retenue servie par un scénario sordide plein de rebondissements.


Des anges devenus démons

 

L’album se découpe en deux parties qui s’entremêlent parfois.  Dans un premier temps, l’action se déroule à Chastity dans la suite logique du deuxième tome. Nous avions laissé les filles dans une prison sadique dirigée par le révérend Chadwick, celui-là même qui était à la tête de la petite troupe psychopathe à l’origine du malheur des trois putains de luxe. Là, les filles de la ville servaient de déversoir aux pulsions les plus malsaines d’hommes avinés, puants la crasse et la bêtise et ne sachant prouver leur virilité illusoire qu’en violant et torturant. Mais c’était sans compter la haine de nos trois héroïnes qui, plus féroces que leurs bourreaux, renversent la tendance dans un bain de sang pour parvenir à s’enfuir et exercer leur vengeance implacable sur Black City.
Massacre dans la ville

 

Déjà les villes se confondent. Chastity et Black City ne sont qu’un seul personnage, ce qui est rendu d’autant plus par la narration entrecoupée qui perd volontairement le lecteur. Elles reposent « toutes deux sur des fondations pourries […] basées sur la débauche, sur l’artificielle pudeur bourgeoise et l’authentique fanatisme ». Plus encore que dans le premier tome, la ville en tant que symbole de déchéance est un personnage à part entière. Peu importe son nom. On pourrait l’appeler Gotham City, ce serait la même chose. Toujours est-il que le soulèvement des opprimés est une révolution, de celles qui couvrent les pavés et les murs de sang. Quand ils  retirent leurs chaines en même temps et s’en servent pour frapper leurs bourreaux jusqu’à ce que leur cervelle  inonde les rues. Les scènes de violence urbaine sont particulièrement réussies et laissent un effet marquant jusqu’à la scène finale, plus intimiste.


Les bêtes sont lâchées

 

En effet, dans un twist assez convenu mais appréciable, on se rend compte que les trois belles ont été roulées par une collègue, pêchant par envie. Cette catin qui pensait que le sort des « stars » de la ville était enviable, ne devinant pas l’abîme de souffrance dans lequel elles se trouvaient avait orchestré leur déchéance avec l’aide d’un complice. Ne comprenant pas qu’être fille de joie, même la meilleure de toute, n’est pas une réussite et que sa haine était très mal orientée. Inutile de raconter la fin de l’histoire mais on se doute qu’elles ne furent pas heureuses, et n’eurent pas beaucoup d’enfants.

Le triptyque reste cohérent de bout en bout, ce qui est très appréciable. Les Bêtes de Black City est vraiment une trilogie remarquable. Rarement on était allé aussi loin dans la violence et la décadence. Tout transpire le glauque, le sale et le poisseux. C’est un univers sans rédemption possible, où tout est gangrené et souillé. Au-delà de la fascination morbide, il s’agit aussi d’une ode à la liberté coûte que coûte, défendant des valeurs féministes et prônant la défense des faibles face à l’infamie des puissants. 

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