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5/10Le peuple des Brumes - Tome 1 - Les fées qu'elle me fait

/ Critique - écrit par Maixent, le 09/09/2018
Notre verdict : 5/10 - Mais qu'est ce que tu fée? (Ecrivez votre critique)

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Un conflit générationnel sur fond de féerie

De petites fées dénudées qui passent leur temps à lutiner les lutins malicieux au cœur de la forêt.


Insouciante jeunesse

 

Dans cet environnement idyllique où tous les sens sont en éveil, la vie se déroule paisiblement. Mais la liberté et la joie de vivre se paient et les fées ont le devoir de butiner la canopée pour féconder la forêt et assurer la continuité des cycles des saisons. Pour cela, des ailes sont nécessaires qu'elles acquièrent lors d'une cérémonie de passage au Rocher du Dragon. Or, Ailina refuse de se plier à des traditions qu'elle trouve obsolètes, souhaitant continuer son mode de vie insouciant, sans ailes et sans contraintes. En agissant ainsi, elle pourrait mettre en danger l'ensemble de l'écosystème.

Sur fond de légendes et de fable écologique, on assiste à l'éternel conflit entre les générations. Est ici mis en avant l'importance de l'Histoire et le fait que, par manque de connaissances, les jeunes ne comprennent pas forcément les enjeux et les règles, n'y voyant qu'une contrainte passéiste destinée à leur empoisonner la vie. Ce n'est cependant pas un message de « vieux con » critiquant la jeunesse qui est ici mis en avant mais une construction de soi au sein de la société dans le respect des autres.
Drame existenciel

 

Ailina, emportée par la fougue de sa jeunesse apprendra à ses dépens que tout est fait de recommencements et d'apprentissage et que chaque acte à des conséquences. Et si l'on fait le choix d'être en marge de la société, il faut être conscient du risque d'en être rejeté. Le fond est donc un peu moralisateur pour ce premier tome où la jeunesse apprend que la liberté et l'insouciance ont un prix. On y voit en filigrane que la liberté sexuelle est une bonne chose, voire la meilleure chose possible, mais qu'il ne s'agit pas d'un acquis et que cette liberté, comme toutes les libertés, demande beaucoup de travail. Aidée dans sa quête par la sorcière (une ancienne jeune rebelle qui a été mis au ban de la société) et le prince des sentinelles (en conflit avec son roi de père qui entend le responsabiliser pour reprendre le flambeau). Ailina va tenter de réparer les erreurs dues à son égoïsme tout en gardant en tête une nouvelle voie.
Visite chez la sorcière

 

Avec une sensualité tout en rondeur, Le Peuple des brumes reste dans le registre du mignon. La mise en couleur, très lumineuse, donne un aspect irréel à l'ensemble, négligeant la carnation d'une sexualité crue pour plutôt dégager une atmosphère confortable et câline. Même si les personnages passent leur temps à se donner du plaisir, on est plus proche de l'histoire du pollen et des abeilles, et mise à part la nudité il n'y a pas d'excitation liée au sexuel. On est plus proche du livre pour enfants, aussi bien dans les thèmes du conte que dans le traitement du dessin.

On se retrouve avec la même problématique que dans Narcisse ou La Déesse. Un dessin joli, mignon, tout en courbe et d'une luminosité éclatante, avec un érotisme bon enfant et positif mais manquant de force et ne réussissant pas à happer le lecteur.

Au final, on a un bel album, plaisant, avec même un fond intéressant, mais sans doute destiné à un public jeune ou des amateurs d'héroïc-fantasy un peu naïfs qui pourraient apprécier que leur héroïne pleure sur ses mauvais choix pendant huit cases, soit une page et demi, avec quasiment pas de texte.

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