8/10Le fléau... en BD !

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 22/01/2018
Notre verdict : 8/10 - Effrayant et magnifique (Ecrivez votre critique)

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Le roman apocalyptique de Stephen King est, cette fois, adapté en BD. Le défi sera-t-il relevé ? La réponse juste après.

Attention cet article ne traite pas du Fléau, célèbre vilain du monde de Marvel (le Juggernaut en VO) mais bien de l’adaptation du Fléau, roman de Stephen King (The Stand en VO), adaptation qui fait suite à une mini-série télévisée à moitié ratée. Dans cette adaptation, sortie chez Marvel en 2008, le scénario est écrit par Roberto Aguirre-Sacasa qui sera aussi à l’écriture pour l’adaptation cinéma de 2013 de Carrie. Quant à la mise en images, elle serait confiée en partie à Mike Perkins pour les dessins et Laura Martin pour les couleurs. Ce trio réussira-t-il là où la télévision a échoué, c’est-à-dire à parvenir à suivre fidèlement le roman fleuve de King et surtout à restituer le côté flippant d’une épidémie terriblement mortelle et le côté presque cosmique de l’arrivée d’un antéchrist chaussé de santiags et vêtu d’une veste en jeans ?

Évidemment ce méchant est à la lisière du kitsch (le livre a quand même été écrit en 1978, ce qui explique les jeans et les badges) et il est bien difficile de le rendre sur écran, comme l’a montré l’adaptation télévisuelle. Heureusement le pouvoir des images dessinées, et des comics en particulier, est de pouvoir faire passer plus facilement des incongruités que sur grand ou petit écran : on pense ici au célèbre slip de Superman qui ne devient gênant que quand il est porté par un acteur. Le côté « je m’habille tout en jeans » de Randall Flagg passe donc chez Marvel comme crème et est loin de paraître daté. Ce super ennemi est d’ailleurs sans doute l’une des belles réussites du comics car il peut parfois se révéler extrêmement effrayant, peut-être plus même que dans le livre.


. Avouez que c'est mieux que dans l'adaptation télé !

Globalement du reste, l’ensemble des personnages est beaucoup plus crédible dans la bande dessinée (que dans l'adaptation télévisée) avec en guise d’exemple parfait Harold Lauder dont le physique ingrat est largement mieux rendu par l’adolescent grassouillet à lunettes de Perkins que par Corin « Parker Lewis » Nemec… Seule Mère Abigaël, cette vieille femme centenaire, ne semble pas correspondre à nos attentes, que ce soit dans le téléfilm ou dans le comic book. Comme si l’envoyée de Dieu imaginée par Stephen King ne pouvait être réellement et pleinement incarnée.


. Oui, on croit un peu plus à Harold Lauder aussi

À l’opposé, l’élément le plus intangible, le plus irreprésentable est parfaitement rendu en images arrêtées. Il s’agit bien sûr de l’abominable Captain Trips, cet insidieux virus qui a décimé 99 % des États-Unis. La pleine page dans laquelle on le découvre pour la première fois, sous la forme de secrétions nasales mortelles pour une mère et son fils, marque durablement l’esprit. C’est d’ailleurs l’une des grandes qualités de cette série : elle fait parfois la part belle aux illustrations pleine page et ces illustrations sont magnifiques.

Très fidèle au livre, magnifique, cette adaptation du Fléau est une véritable réussite.

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