7/10Là où vont nos pères

/ Critique - écrit par iscarioth, le 01/04/2007
Notre verdict : 7/10 - Migrant experience (Ecrivez votre critique)

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Les éditions Dargaud sont à féliciter. Après L'ours et le petit garçon, album muet pour la jeunesse, ce gros éditeur, l'un des seuls à oser, publie une autre oeuvre d'envergure, qu'on aurait trop tendance à parquer dans le cloître réservé de l'expérimentation... Bravo !

En voilà un beau livre. Là où vont nos pères, publié dans la classieuse collection Long courrier de Dargaud, est un ouvrage volumineux de 128 pages. Il est à déconseiller aux lecteurs pressés, qui substituent l'image à la bulle. Là où vont nos pères est un récit entièrement muet, dans lequel il faudra entièrement s'immerger pour en saisir l'essence et la portée...

L'histoire est celle d'un homme, qui quitte sa femme et sa fille, pour s'embarquer pour un nouveau monde. Le jeune père découvre la terre promise et ses bizarreries urbaines. Au fil des rencontres, il réapprend à vivre. The Arrival, de son titre original, frappe tout d'abord par la puissance de ses graphismes. L'album est signé Shaun Tan, un auteur indépendant ayant notamment collaboré avec les studios d'animation Pixar et Blue Sky. Shaun Tan est métis, de père chinois. Sa vie est marquée par cette image de migrant, « d'étranger », qu'on lui a souvent renvoyé au visage, avec plus ou moins de finesse. En composant ce livre, Shaun Tan réalise donc un véritable travail de mémoire et de réflexion sur l'immigration, l'identité et les racines. Shaun Tan a choisi la voie de l'onirisme pour signifier la stupéfaction, la force de la découverte chez le migrant, pour qui les détails les plus insignifiants de sa terre d'accueil peuvent apparaître comme étant réellement étonnants.

Les difficultés d'adaptation, le langage, la pauvreté, les difficultés de l'intégration, tous ces thèmes ne sont pas exposés clairement mais doivent être ressentis, voire devinés par le lecteur. Oeuvre d'art et d'expérimentation, Là où vont nos pères est un ouvrage de sensations. Shaun Tan nous éblouit réellement par la maîtrise de son art. Ses planches, élégamment construites (pleines-pages nombreuses, gaufriers sans cadres...) impressionnent par la finesse de son dessin et l'intensité de ses teintes sépia. Un simple regard posé sur les extraits de planches proposées en illustration suffira certainement à vous convaincre.


Les éditions Dargaud sont à féliciter. Après L'ours et le petit garçon, album muet pour la jeunesse, ce gros éditeur, l'un des seuls à oser, publie une autre oeuvre d'envergure, qu'on aurait trop tendance à parquer dans le cloître réservé de l'expérimentation... Bravo !

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