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8/10La Déesse

/ Critique - écrit par Maixent, le 15/05/2016
Notre verdict : 8/10 - Super Nanna (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Une bande dessinée féminine sans pour autant se limiter à cela.


DR.

 

Fait assez rare dans le monde de l’érotisme pour être notifié, La Déesse est un ouvrage érotique écrit et dessiné par deux jeunes femmes. Fait encore plus rare, ce n’est pas une bande dessinée de filles pour les filles, mais faite pour toucher un plus large public avec une vraie sensibilité et un dessin tout en subtilité.

Issue tout droit des ravissantes petites femmes d’Arthur De Pins, Nanna est le stéréotype de la jeune étudiante en art.  Rondouillarde, brune, trop timorée, elle a du mal à appréhender son sujet de calligraphie, enluminer des textes équivoques sur la déesse celte Anann. C’est pourquoi  sa directrice de soutenance lui confie un mystèrieux pendentif, sensé l’éveiller à la sensualité. Mais plus que cela, le pendentif donne corps aux fantasmes de Nanna, rendant ses rêves trop réels. Des rêves peuplés d’amants parfaits, faisant découvrir à notre héroïne des plaisirs insoupçonnés.

La première attraction exercée sur le lecteur est celle du dessin. On pourrait simplifier en disant qu’il s’agit d’un trait "girly", tout en courbes et arrondis mais ce ne serait pas rendre honneur au travail de Néphyla. Car s’il y a des couleurs pastel et une sensibilité graphique que l’on voit rarement dans les bandes dessinées faites par des hommes, cela n’empêche pas une réelle technique et des choix de composition audacieux. Notamment dans la mise en page, assez proche du comics tout en gardant une narration fluide. De même que le choix du corps est audacieux. Nous ne verrons que Nanna, et pas ses copines, dans toute sa nudité et les ombres des hommes sans visages qu’elle convoque grâce à son médaillon. Il est très agréable de voir ce corps, petit et rond, loin des stéréotypes déplacés, que Néphyla a réussi à traiter avec érotisme et sensualité.

La deuxième bonne idée est  au niveau de l’histoire. Passé l’aspect fantastique du médaillon, le reste de la narration est assez simple sans être simpliste. Alternant avec les scènes de sexe fantasmées, Nanna est confrontée à la réalité. Entourée de copines un peu pétasses, elle se découvre au fil de l’album. Engoncée dans son corps, elle découvre petit à petit ses capacités, passant par la sexualité pour aboutir à des sentiments plus profonds, notamment envers ce garçon de café avenant. C’est donc un scénario basé plus sur la découverte, l’acceptation de son corps, plutôt qu’un scénario pornographique proprement dit. Cela n’empêchant pas une atmosphère sexuelle qui transpire à chaque page.

La Déesse réussit le pari de montrer une sexualité épanouie et moderne, sans pour autant négliger les difficultés liées à son corps et à son époque. Utilisant les codes de la bande dessinée orientée vers un public féminin, les auteurs touchent cependant à l’universalité et parviennent à maintenir le lecteur captif de leur récit et de la beauté de Nanna.  Récit simple et efficace il propose une héroïne attachante et terriblement sexy qui apporte énormément de fraîcheur à un genre souvent  fermé. 

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