5/10Kraa - tome 2 - L'Ombre de l'aigle

/ Critique - écrit par Maixent, le 02/02/2012
Notre verdict : 5/10 - Quand Croc Blanc devient Kraa Noir (Ecrivez votre critique)

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On connaît surtout Sokal pour son inénarrable héros palmé, l’inspecteur Canardo, privé à la morale élastique, fumeur et alcoolique au regard de braise éteinte. Outre la vingtaine d’albums de ce Columbo évoluant dans un monde anthropomorphe, il est aussi capable d’albums réalistes comme on peut le voir avec Kraa.
Certes, on y trouve des éléments fantastiques et le fil rouge n’est autre que la voix de
Une nature sauvage et hostile
Kraa, lui-même, narrateur de l’épopée, mais le réalisme tient surtout à la qualité du dessin. Car si Kraa est un aigle, il est représenté de manière réaliste et non pas comme un homme à tête d’aigle, comme on a pu le voir dans la Foire aux immortels de Bilal. On reconnaît cependant le trait de Sokal à la fois imagé et minutieux, insistant sur les détails sordides et les côtés sombres de l’humanité.  
Dans ce deuxième tome de la trilogie prévue début 2013, on se retrouve plongé au cœur d’une contrée sauvage et glacée, une vallée reculée aux confins du monde, envahie par l’homme blanc voulant exploiter les nombreuses ressources souterraines. Dans ce monde corrompu et violent, Kraa et Yuma, un adolescent indien lié à lui par des liens chamaniques,
Kraa atak
tentent de survivre en communion avec la nature. Alors que les hommes s’enferment dans une violence autodestructrice, la jeune Emily, infirmière, garde foi en l’humanité et va petit à petit se rapprocher de Yuma, ce qui inquiète à juste titre Kraa, mais on ne connaîtra le dénouement que l’année prochaine.
Fable écologique sans grande originalité, Kraa se laisse lire sans difficulté. L’intrigue est assez facile et les thèmes abordés l’ont déjà été à maintes reprises par différents auteurs, mais Sokal livre cependant un travail honnête qui, s’il n’est pas marquant, reste agréable à lire. La progression de l’intrigue est linéaire et sans surprise, utilisant des procédés narratifs éprouvés et efficaces. Les propos de Sokal sont clairs, les gentils et les méchants facilement identifiables. En fait, on a plutôt affaire à une bd didactique pour adolescents, édictant des principes de liberté et de moralité, sans être pontifiante. Pour simplifier, on est plus proche de Croc Blanc que de Yakari.
Au final, on a un album d’une grande justesse et parfaitement calibré par un pilier de la bande dessinée issu de l’école A suivre. C’est un album qui manque d’envergure par certains points, mais auquel il est difficile de reprocher quoi que ce soit.

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