7.5/10Kookaburra Universe - Tome 9 - Le Lamentin Noir

/ Critique - écrit par athanagor, le 14/06/2008
Notre verdict : 7.5/10 - L'absolue nécessité du facultatif (Ecrivez votre critique)

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La franchise Kookaburra Universe offre ici l'occasion à Louis de nous raconter comment Xiu-Xsi est devenue Guerrière Suprême, et de nous surprendre par là-même.

Kookaburra, série imaginée par Crisse, développant la réalisation de la prophétie qui se conclut par la destruction de l'univers, a donné naissance à Kookaburra Universe, sorte de franchise où peuvent s'exprimer alternativement nombre d'auteurs et de dessinateurs, mais toujours dans le but de créer la genèse de la série mère, en narrant l'histoire des personnages principaux et accessoires.


Suivant ce cahier des charges, le présent album nous raconte comment Xiu-xsi est devenue la matronne des amazones, et quelle part l'amiral Kimbell (alors capitaine des snipers), juge de Dragan Preko dans Les larmes de Goshard, a pris dans la suite des évènements.

Notons qu'aussi bien en ce qui concerne la série mère, comme nous l'avons pu voir pour le Tome 6, que pour la franchise "Universe", Kookaburra s'attache à utiliser la science-fiction pour porter une réflexion, certes pas du niveau de l'école normale, mais néanmoins intéressante dans son contenu philosophique. On retrouve alors avec un vrai plaisir les ambitions qui firent de ce genre littéraire un sujet digne d'intérêt, et pas seulement un prétexte pour permettre à des filles à moitié nues de canarder des aliens avec des gros lasers (même si ça aussi c'est cool).

A l'instar des grands noms du genre, tels Dick ou Asimov, qui l'utilisaient pour illustrer des réflexions d'ordre politiques, philosophiques et épistémologiques, mais sans vouloir toutefois prétendre à une équivalence de talent, les auteurs qui se frottent à Kookaburra donnent à leurs récits des situations et des dénouements qui sont des extrapolations de situations qui, à un moindre degré, peuplent notre quotidien, mais ainsi portées à des seuils supérieurs, suscitent des questions aussi épineuses que les solutions possibles sont potentiellement désastreuses.

De l'aveuglement volontaire et collectif du peuple des Thankars Argentés dans
L'héritier des âmes, au difficile choix de Korr Ladd, dans cet ouvrage, entre la perte de son peuple et la profanation de ce que celui-ci a de plus sacré, le problème est souvent la conséquence d'un savoir nouveau, d'une connaissance plus approfondie du réel (bénis soient les ignorants) et la solution choisie n'est jamais la bonne. Le sacrifice de son existence au propre ou au figuré est généralement nécessaire à la réparation de la faute, dont l'introduction de l'histoire et la situation princeps de ses protagonistes contiennent toujours les germes. Ainsi, les personnages à qui s'offrent ces choix font figure de martyrs et sont destinés à ce sort dès les premières pages. Cette vérité est plus qu'appuyée par les révélations finales de Xiu-Xsi, qui ne sont pas seulement un twist, alors bien faible, mais un constat désespérant que du début à la fin, tout cela était bel et bien écrit et ne pouvait aller que dans un sens. Les personnages sont promis à leur avenir de la page 48, et ce d'une façon inévitable dès le début de la page 3, de même que Kookaburra était la conséquence naturelle de Kookaburra Universe.


Pour ce qui est de la réalisation, Louis seul maître à bord, hormis en ce qui concerne les couleurs, offre ici un travail de qualité, autant par le dynamisme et l'émotion qu'il parvient à traduire par son dessin, que par la clarté de sa narration et l'intelligence de son scénario, où la fin n'est qu'un moyen et d'où transpire une réflexion sur l'essence de son art et son format d'expression. On pensera inévitablement à faire le parallèle avec le génial et déroutant Rosencrantz & Guildenstern are dead... mais peut-être avons-nous été trompés.

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