6/10Kookaburra Universe - Tome 14 - Lames soeurs

/ Critique - écrit par athanagor, le 03/11/2010
Notre verdict : 6/10 - Un fil de trop (Ecrivez votre critique)

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Ce tome 14 se prend pour un tome 0 et nous expose avec beaucoup de distance des faits que le commun des mortels devra relire pour bien les comprendre. Lecteur de base, notre cimetière est plein de lecteurs de base.

C'est au travers d'une histoire pétrie d'ellipses que le quatuor d'auteurs nous conte la naissance de l'hybride, né de l'accouplement d'un tsumbaï sand et d'une amazone. Créé et répliqué en une armée supposée invincible, il est censé, par la puissance que lui confère sa double ascendance, rétablir l'équilibre dans l'univers et restaurer la suprématie des chevaliers-sorciers sur les autres peuples. Tout ne se passera, bien sûr, pas comme prévu et le dénouement sera la perte des puissants accoucheurs d'étoiles, épisode précédent de peu le tome 1 de Kookaburra, Planète Dakoï.

Dans une débauche d'effets de style, graphiquement très aboutis et plus qu'agréables, cette histoire s'avère particulièrement compliquée à suivre pour qui ne r
évise pas sa bible Kookaburra chaque soir. Fort joliment présentés, les épisodes sont très difficilement articulés et les dialogues donnent bizarrement l'impression d'être un long commentaire en voix-off, qui parfois parlent d'autre chose que ce que l'on voit. Alors certes, on pourra objecter que l'ensemble du récit se déroule en suivant la conscience de Kubilaï Khâa et celles de ses potes tsumbaï sand, et qu'avec notre petit niveau de conscience de pauvres êtres humains, on n'est absolument pas capables d'appréhender le même ensemble de données que cette race supérieure. Enfin bon... on sait bien qu'on est des gros nazes. C'est la peine de nous le rappeler toutes les 5 minutes. Pourquoi ne pas essayer de se mettre à notre niveau ? Car ici, c'est assez dur de tout piger du premier coup et cette distance n'est pas faite pour plaire. Plus on avance, plus il devient évident qu'il faudra reprendre l'ouvrage pour une seconde lecture, et plus on approche de la fin, plus ce constat fait frémir, car la première lecture, inévitablement teintée par cet empilement d'incompréhensions, donnera de moins en moins envie d'y revenir.

Bref, c'est un véritable cercle vicieux et on finit par comprendre que c'est l'abus de style et son débordement sur la narration qui pêche. La présence de ce dernier dans les
illustrations ne pose absolument aucun problème. Le travail de Guinebaud est très agréable, parfaitement clair et tout à fait dans l'ambiance, avec ce qu'il y faut de mobilité et de sentiment. Les couleurs de Lamirand viennent parachever cela et finissent même de rattacher l'ouvrage à la saga, tant son travail jouit d'un identité forte. Malheureusement, le récit reste très obscur, empruntant ça et là des bribes d'autres histoires, mais trop rapidement et dans un enchevêtrement tel qu'il devient difficile de savoir dans quel sens on va et surtout d'où on est parti. Ainsi, la conclusion laisse un goût d'inachevé, tant elle ressemble à un énième élément de ce patchwork virevoltant. Une fois de plus, d'ailleurs, on finira, face à tout ceci, par se poser la question de la pertinence du titre qui, à nouveau basé sur un jeu de mot, ne semble pas faire référence à un élément plus important qu'un autre.

Il se trouvera toutefois de doctes irréductibles pour qui tout cela ne posera aucun problème et qui apprécieront cet ouvrage. Fort heureusement, même sans en être, on pourra quand même espérer le prochain livre de la série, car son principe en est l'indépendance entre les opus, tant au niveau du sujet que des auteurs.

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