5/10Kookaburra Universe - Tome 12 - L'honneur du sniper

/ Critique - écrit par athanagor, le 15/03/2010
Notre verdict : 5/10 - A rude école (Ecrivez votre critique)

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Une nouvelle fois, la franchise Universe produit un album qui s'éloigne de ce qui avait su nous séduire dans des épisodes précédents, en faisant la part trop belle à l'action.

Après avoir été récupéré sur la planète Zimus, au prix de la vie de Mitch Preko, légende vivante du corps des snipers, Dragan intègre la formation de ce même corps, en hommage à son défunt sauveteur. Elève prometteur, il prend vite la tête du classement et se voit proposer un stage accéléré pour accéder au rang des officiels, de l'élite. Pourtant, en dehors du danger que représente la formation en elle-même, Dragan ne peut s'empêcher de sentir que quelque chose ne tourne pas rond.
Est-ce à cause de tous ces snipers qui meurent de façon inexpliquée ? En parallèle, le colonel Kimbell cherche à savoir ce qui a conduit Mitch Preko, son ami, à partir sur Zimus pour retrouver Dragan. Il découvrira dans son enquête une bien triste vérité.

Servie par un dessin propre, chaleureux, vivant et énergique, manquant toutefois d'une certaine originalité, cette BD pêche par son excessive attention portée à l'action brute. Porté par le trait nerveux et précis de Christophe Alliel, le scénario de Nicolas Mitric semble s'oublier un peu dans cette débauche d'explosion et de jolies nanas qui savent se servir d'un flingue. Ainsi, c'est un aspect complètement subalterne de l'histoire qui prend le dessus. Si tant est, bien sûr, qu'on s'entende à dire que Kookaburra Universe est une série qui trouve son principal intérêt dans les trames complexes qui sous-tendent son univers fictif, trames tissées par toutes les races en présence. L'intelligence des scénarios imaginés sur la complexité des enjeux théologico-politiques, qui pourraient alimenter ad vitam aeternam les pages de cette série, semble peu à peu faire place à un instinct plus musclé, plus velu, pour lequel l'intérêt tombe vite. Déjà, le tome 11, L'île des amantes religieuses, avec son titre sorti tout droit d'une une du Canard enchaîné, était un épisode dessiné et scénarisé à la testostérone, dont les passages comiques un tantinet vulgaire décevaient. On pouvait alors croire à un accident de parcours, mais ce tome-ci, certes plus digne, ne réussit pas à offrir les penchants philosophiques qu'on a su trouver précédemment. Ce n'est pourtant pas faute de s'y essayer. Toute la partie de l'enquête de Kimbell sur la mort de Preko tente bien de mettre en avant tout le système
intellectuel de la saga, mais tous ces passages sont occultés par la trop grande importance, narrative et visuelle, qui est donnée à la formation même de Preko (d'ailleurs complètement méconnaissable ici), qui en soi n'apporte rien à la mythologie et ne fait même pas mine de s'en servir un peu. Pour couronner le tout, on finira sur un twist assez prévisible et expliqué à la va-vite, qui plombera encore un peu plus l'idée qu'on s'était faite de l'ouvrage.

L'ordre des priorités irrémédiablement inversé de cet opus fait que, malgré le moment énergique et divertissant que l'on a passé, on termine sa lecture à la dernière page, là où d'autres tomes ont su nous garder dans leurs filets encore quelques temps après les avoir parcouru. Espérons que les prochains sauront retrouver des sujets certes moins trépidants, mais ô combien pérennes.

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