9/10Jolies ténèbres

/ Critique - écrit par Luz, le 11/04/2009
Notre verdict : 9/10 - Sombrement magnifique (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 4 réactions

- Et nous qui pensions que tu étais normale !!
- Je suis un monstre... je ne mérite pas de vivre avec vous.
- C'est bien vrai ça !

Aurore organise un petit goûter en amoureux, tout est parfait : sa robe est belle, le chocolat est chaud, la décoration acidulée. Mais voilà que tout bascule, les murs s'écroulent goutte à goutte, engloutissant en quelques secondes le merveilleux monde qui nous apparaissait. Que se passe-t-il donc ?

Jolie(s) ...
Jolie(s) ...
La petite bulle si mignonne n'est en fait que l'intérieur du cadavre d'une jeune fillette. Drôle de population qui en sort en courant, quelque peu affolée, et sans idée du pourquoi du comment, nous non plus d'ailleurs. La vie va devoir continuer, se réorganiser, dans une nature sauvage, imprévisible, quitte à en subir les conséquences sur le comportement « humain ».

Malgré cette surprenante situation, notre jeune Aurore va décider de prendre en main le déroulement de la situation, distribuer à manger, prendre sous son aile ses congénères apeurés, même si elle doit pour cela les briser.

L'histoire nous prend et nous abandonne dans l'évolution du petit groupe, avec peu d'indices sur les évènements extérieurs, hors un cahier, des cauchemars, des souvenirs...

Tout va soudainement de travers, le petit groupe si naïf devient une monarchie cruelle, tuant la différence, l'ennui, et les ennemis, pour survivre aisément. En même temps que le corps de la petite fille se décompose, nous dévoilant peu à peu un squelette mangé par les insectes en second plan, nos charmants amis, et la nature elle-même, ont des crocs qui leur poussent dans le cœur, devenant ainsi simplement, désespérément, et diaboliquement... humains.

ténèbres.
ténèbres.
Sous ses aspects bon enfant, la bande dessinée dévoile un fond en deux teintes qui finissent par se mêler pour ne faire qu'une. Parallèlement à celle-ci, un double esthétisme : des petits dessins enfantins, qui semble réalisés en quelques traits, et coloriés du bout des doigts, à l'aquarelle et des illustrations réalistes, parfaites, détaillées, recherchées. L'alliance des deux genres fait boom, et apporte une dimension sincère, juste et dure, amenant le sourire à la grimace, sans trop en faire, sans donner envie de vomir son surplus d'œuf de Pâques, mais en coupant l'envie d'en manger un de plus.

Une avancée terriblement humaine, qui pousse une jeune fille aimable, serviable et souriante à endosser le scalp d'un rat, et à manifester des actes horribles pour survivre ; un compte à rebours à découvrir, gorge nouée, yeux fermés, cœur serré, vers l'inévitable cruauté humaine, sans inhibition.

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