6/10Janet Jones photographe

/ Critique - écrit par iscarioth, le 02/02/2006
Notre verdict : 6/10 - Janet Jones, femme photographe (Ecrivez votre critique)

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Janet Jones photographe est une série sympathique, distillant avec efficacité les ingrédients du western classique.

La tradition de l'ouest sauvage

Janet Jones photographe parle de la conquête de l'ouest et, par les thèmes qu'elle parcourt, s'inscrit dans les cadres d'un récit western atyjanetjones01_250.pique. Le premier tome, La terre promise, parle de la difficile percée vers le pacifique des colons : il faut affronter les saisons, la nature, les maladies, mais aussi les autres, ceux avec qui l'on partage la périlleuse traversée. Le second album s'attaque à un autre grand mythe du far west : la ruée vers l'or et les villes champignons. Le troisième et dernier opus se centre sur le banditisme et la chasse à l'homme. Le triptyque Janet Jones reprend donc à son compte les ingrédients du western classique, des thèmes que l'on connaît tous au moins un peu, ne serait-ce que par la lecture de Lucky Luke, pour ne rester que dans les seuls cadres de la BD. D'une façon autrement plus humoristique, la série phare de Morris a d'ailleurs largement investi les thèmes que nous venons d'évoquer. Rappelons-nous des albums comme Ruée sur l'Oklahoma, Le Klondike ou Chasseur de primes. Les plus vigilants auront d'ailleurs relevé le clin d'oeil des auteurs au poor lonesome cowboy, à la toute fin du triptyque (tome trois, page 46, première vignette). Janet Jones photographe est donc un western tout ce qu'il y a de plus classique... A quelques détails près. Le premier, majeur, le héros du triptyque qui est en fait une héroïne.

Un peu faible, la femme forte...

Janet Jones, femme photographe... Ca ne vous rappelle pas un peu Docteur Quinn, femme médecin ? L'image romantique de la femme se faisant homme pour ajanetjones02_250.ffronter la rudesse de l'ouest. Un symbole de lutte paritaire avant l'heure, une icône féministe. Habillée comme un homme, Janet Jones parcourt l'Amérique armée de son daguerréotype, ancêtre de l'appareil photo, avec pour vague objectif de prendre des clichés de l'ouest sauvage et de ses habitants. Même si l'on retient l'idée d'une femme forte voulant s'imposer dans un monde d'homme, Janet Jones reste tout de même une héroïne de petite envergure. On est loin de l'esprit corrosif et du ton braillard d'Isa, le personnage principal des Passagers du Vent, série cultissime prenant aussi pour centre une pionnière de la pensée féministe. Janet Jones est un personnage assez plat, dont on ne retient pas les paroles. Si bien que lorsqu'un malheur arrive à la jeune femme, le lecteur ne ressent pas vraiment de compassion. Le récit a toutefois le mérite, à défaut de transporter, de ne pas tomber dans le manichéisme primitif. Pas de « gros méchants » ni de happy end huilé. Le dessin de Duval est dans la continuité du scénario de Dieter : pas mauvais mais pas vraiment bon non plus. L'enchaînement des plans est juste, les albums sont lisibles. A quelques erreurs près, le dessin se hisse à un bon niveau mais ne se distingue pas. Le style est classique et n'impressionne guère.


Janet Jones photographe est une série sympathique, distillant avec efficacité les ingrédients du western classique. On ne s'ennuie pas mais on n'est pas transporté non plus. Le personnage principal manque de carrure et l'on ne s'y attache jamais vraiment. On trouve des séries bien meilleures dans la bibliographie de Dieter...

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