6.5/10Ingmar - Tome 3 - L'élixir de vieillesse

/ Critique - écrit par riffhifi, le 20/09/2008
Notre verdict : 6.5/10 - Ingmar au canard (Ecrivez votre critique)

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Ingmar faiblit dans cette troisième aventure moins inventive et enthousiasmante. La mise en couleurs radicale permet cependant un bon trip au lecteur qui veut planer.

Commencée dans la collection Expresso, la série Ingmar s'en extirpe sur la pointe des pieds, changeant subtilement son titre en Ingmar le preux. Pourtant, il s'agit bien ici du tome 3, toujours animé par le duo Spiessert & Bourhis et prolongeant les aventures nordiques d'un Viking aussi atypique que le Erik de Terry Jones.

Ingmar est preux, donc. Ou du moins, c'est son titre. Futur héritier de la couronne du roi Patrüll, il est jalousé par son frère Epson qui se croit plus Viking que lui. Mais
les frangins vont mettre leurs querelles de côté lorsque Patrüll se verra ramené à l'âge d'un enfant par un sortilège. Condamné à vieillir de façon accélérée, celui-ci ne pourra compter que sur ses enfants et leur capacité à réunir à temps les ingrédients nécessaires à sa guérison...

De ces prémisses amusantes mais déjà vues (le vieillard transformé en bébé par un sortilège), Hervé Bourhis tire un récit d'aventures cocasse où Ingmar et Epson doivent supporter leur compagnonnage de fortune. Leur agacement étant reporté sur le mioche sans cesse grandissant, on assiste essentiellement à un condensé accéléré d'une vie de famille, dans laquelle les deux frères tiennent la place du couple, et le père celui de l'enfant (vous suivez ?). Le principe est même plutôt amusant, et constitue le principal attrait de l'album. Mais par ailleurs, on se soucie peu de savoir comment les deux anti-héros vont mener à bien leur mission malgré leur nature de bras cassé, et on se paume un peu en route avec les rencontres surréalistes que fait le duo : arrivés chez les esquimaux et leur magie, Ingmar et Epson baigneront dans une unité chromatique saisissante et fluctuante (tout bleu,
tout orange, tout rouge, tout vert) qui illustre à point le trip surréel que traversent les personnages. Du coup, le mérite en revient davantage à la coloriste Mathilda qu'au dessinateur Rudy Spiessert, qui déploie son style « à la Dupuy-Berbérian/Blain » en pilote un peu automatique.

On ne niera pas un petit quelque chose d'attachant dans la description par Bourhis des rapports familiaux entre les personnages, ni le talent de Spiessert pour représenter avec clarté les scènes les plus louftingues (voir les hallucinations de la fin). Mais au regard de ce qu'on attend du duo, ce troisième tome d'Ingmar a un goût de déception. Mais si vous faites la collection, achetez-le avant le 31 décembre, il sera à 6 euros.

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