8/10Ingmar - Tome 2 - Crâne noir

/ Critique - écrit par iscarioth, le 24/01/2007
Notre verdict : 8/10 - On se marre avec Ingmar (Ecrivez votre critique)

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Très bien rythmé et imprévisible, Ingmar désarçonne le lecteur à un point que celui-ci se demande s'il n'a pas affaire à une série rédigée sur le mode de l'écriture automatique.

Bourhis et Spiessert, les hommes du Stéréo club, qui ont lancé l'an dernier une toute nouvelle série dans la collection caractérielle de Dargaud ; Expresso. Cette nouvelle série, c'est Ingmar, l'histoire d'un petit viking peureux, l'anti-héros absolu qui va de galère en galère. L'histoire de la BD franco belge est truffée d'anti-héros, certains se sont consumés très vite. D'autres sont passés à la postérité. Quel chemin semble prendre Ingmar ?


On a donc laissé notre bon vieil Ingmar en France, où il doit escorter une jeune vierge accompagnée par son chaperon vers un couvent. Une première page de résumé nous remémore par un mythe très enjolivé les péripéties de l'épisode précédent. Et c'est reparti pour un album ! Dès les premières pages, on rit. Les auteurs opposent dès les premiers instants deux archétypes comiques : Ingmar, le petit viking et le chaperon, une grand-mère au long nez de sorcière et à la bouche édentée. Ces deux là ne s'aiment pas, s'opposent, s'insultent, et rien que la vue de leurs profils obtus en opposition provoque le rire.


Et puis, l'on retrouve une caractéristique qu'on avait déjà remarquée avec le premier album, et qui se répète ici, annonçant peut être une constante. Les aventures d'Ingmar forment un récit complètement imprévisible et loufoque. Alors qu'on croirait l'aventure sur les rails, prête à filer droit vers une première étape, puis une suivante, les auteurs semblent prendre un malin plaisir à tout saccager toutes les quinze pages pour mieux reconstruire et rebondir ensuite. On se croirait dans une série extrêmement codifiée, avec un humour bouffon prévisible, et l'on est assez fréquemment dérouté. Les auteurs, tout en investissant un humour très burlesque (opposition de caractères, surexpressions faciales), cassent les péripéties habituelles, les inversent, les retournent, les détruisent. Par exemple, l'archétype veut que ce soit l'anti-héros qui recherche misérablement le contact de chair avec la jeune vierge qu'il escorte. C'est ici l'inverse.

Crâne noir nous parle aussi d'une communauté villageoise terrorisée par une espèce d'apparition fantomatique, un esprit de la forêt. On retrouve un peu de Blair Witch dans cet album ! Les auteurs (Bourhis pour son scénario provocateur et Spiessert pour ses expressions faciales paranoïaques) caricaturent bien les phobies et préjugés d'une communauté recluse, cherchant à chaque instant un bouc émissaire.


Très bien rythmé et imprévisible, Ingmar désarçonne le lecteur à un point que celui-ci se demande s'il n'a pas affaire à une série rédigée sur le mode de l'écriture automatique. Continuez, messieurs Bourhis et Spiessert, un nouvel anti-héros de prestige est en train d'éclore !

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