5/10L'Impertinence d'un été - 1ère partie

/ Critique - écrit par riffhifi, le 27/05/2009
Notre verdict : 5/10 - L’été en pente trop douce (Ecrivez votre critique)

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Denis Lapière et Ruben Pellejero : peut-être attendait-on trop de ce duo talentueux, mais cette romance latine, toute authentique qu'elle soit, n'a rien pour marquer durablement les esprits.

Après deux albums parus en 2000 et 2004 (Un peu de fumée bleue et Le tour de valse), le duo formé par le scénariste Denis Lapière et le dessinateur espagnol Ruben Pellejero a ses habitudes dans la collection Aire Libre de Dupuis. Depuis 2004, le premier a de nouveau signé des scénarios pour Aire Libre (Luna Almaden avec Clarke, La femme accident avec Olivier Grenson), tandis que le deuxième a brillamment illustré l'excellente histoire de Frank Giroud L'écorché dans la série Secrets. Avec son joli titre et sa couverture surréaliste, L'impertinence d'un été
donnait largement envie d'assister aux retrouvailles des deux hommes.

Après les années 40 (Dieter Lumpen) et la fin du XIXème siècle (L'écorché), Pellejero tape pile entre les deux en recréant les années 20. Nous sommes au Mexique, et le récit est évoqué par Théophile Genet, journaliste et écrivain français vieillissant qui raconte à un jeune taximan sa rencontre avec l'Italienne Tina Modotti et le photographe américain Edward Weston. Plus cosmopolite, tu meurs. En fait, sur les trois personnages, seuls les deux derniers ont réellement existé : le premier, qui sert de narrateur, est une pure création des auteurs. A vrai dire, on se demande bien quel besoin ils ont eu d'introduire cet individu fictif, outre celui de rallonger la sauce suffisamment pour produire deux albums au lieu d'un.

De cette première partie, on ne retient que peu de choses. La bluette entre Tina et
Edward n'a rien de révolutionnaire, et sert tout juste de prétexte à croiser d'autres figures historiques comme le peintre Diego Rivera. Le décor permet d'assister à une corrida, de visiter quelques bars pourvoyeurs de Pulque (un des alcools mexicains vedettes)... mais le dessin de Pellejero, qu joue ici la carte de l'épure à l'extrême, ne permet pas d'avoir l'impression d'un voyage immersif ; au contraire, la physionomie simplifiée et furieusement apparentée de certains personnages gêne parfois la lecture (Theo vieux ressemble énormément à Edward jeune !). Les couleurs offrent une certaine variété, passant du bleu sombre de la nuit aux couleurs vives du jours en passant par des teintes généralement ocres, mais le visuel reste anodin et peu mémorable. Le scénario lui-même n'étant pas bien folichon, l'album n'offre pas de réelle surface d'adhérence. Trop vite lu et vite oublié, remplaçant l'impertinence annoncée par le Pulque généreusement versé, il risque de ne pas donner réellement envie de se pencher sur sa deuxième partie...

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