6.5/10Homoblicus

/ Critique - écrit par iscarioth, le 16/11/2006
Notre verdict : 6.5/10 - Traité de l'oblique (Ecrivez votre critique)

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Eblouissant sur la forme, assommant sur le fond, l'Homoblicus est avant tout une expérience visuelle, un hommage à l'expressionnisme allemand et une belle synthèse des extravagances visuelles permises par la bande dessinée.

On a tous été marqués, durant notre enfance, par une force de notre imagination. Un vampire, un loup-garou ou une toute autre bestiole terrifiante qui nous faisait grimper nos escaliers quatre à quatre pour aller nous réfugier tremblotant sous la couette. Si l'image de l'Homoblicus hante Sergio Ponchione depuis ses plus jeunes années, le pauvre auteur a dû vivre une enfance traumatisante...

Homoblicus est une oeuvre à l'humour absurde et fortement référentielle. Les planches nous rappellent les classiques de la bande dessinée américaine, l'agencement des planches renvoie à Robert Crumb, Joe Matt ou plus récemment Chris Ware. L'album est composé de petites histoires qui se succèdent et passent des paliers dans l'originalité des constructions. L'histoire est celle du professeur Hackensack et de son acolyte Buddy Bunk, traquant et étudiant un mystérieux personnage fantomatique, l'Homoblicus. Les traits de son visage vampirique nous rappellent le Nosferatu de Murnau. Et pour cause, Sergio Ponchione s'inspire, tout autant qu'il se moque de l'expressionnisme allemand dans cet album. La construction des planches et décors assume parfaitement cette flatteuse affiliation. Des formes torturées, brisant la géométrie et les jeux de lumière inquiétants sont très comiquement restitués par le noir et blanc de Ponchione. Son album est bardé de références littéraires et cinématographiques, plus ou moins explicites (le cinéma italien muet, Les contes de la crypte).

Les grands amateurs d'expressionnisme se régaleront, les planches de Sergio Ponchione sont un véritable délice pour les yeux. Cependant, le récit en lui-même est bien moins digeste. Il est difficile de coller au récit, qui lasse vite par overdose d'humour absurde et dégingandé. L'humour s'inscrit à tel point dans l'absurde, que le contenu de l'album donne largement l'impression d'être volatile, fait d'abstraction. S'ajoute à cela l'extrême lourdeur des dialogues, avec des bulles ou encadrés narratifs qui forment de véritables pavés.


Eblouissant sur la forme, assommant sur le fond, l'Homoblicus est avant tout une expérience visuelle, un hommage à l'expressionnisme allemand et une belle synthèse des extravagances visuelles permises par la bande dessinée telle que les plus grands créateurs l'ont développée.

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