8/10Home - Tome 1 - Retrouvailles

/ Critique - écrit par athanagor, le 06/11/2008
Notre verdict : 8/10 - Mmh... quel bel home (Ecrivez votre critique)

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Deux petits gars, sortis d'on ne sait où, quoique probablement espagnols, produisent avec ce premier opus un effet bœuf, généralement réservé aux cadors du milieu.

Le lieutenant Liam Kobayashi n'a pas toujours été militaire. Avant il était flic. Mais la vie dissolue que cela le forçait à mener a eu raison de son couple, et sa promise s'est enfuie avec son meilleur ami. Bref la routine. Cette vie, il la regrette peut-êtreJour
Jour
un peu pourtant, quand il se réveille de son sommeil cryogénique, dans l'épave de son vaisseau fraîchement écrasé dans cette forêt pour le moins inhospitalière. D'abord persuadé d'être de retour sur Terre, il doit encaisser les conclusions du deuxième officier scientifique : il ne sont pas sur Terre, et selon les relevés récupérés sur le vaisseau, ils ont traversé un trou de ver qui les a menés sur une autre planète, dans une autre galaxie. « Bon, OK, ça je gère ! » se dit-il alors en son for intérieur, essuyant la sueur qui perle à son front. Ce qu'il a plus de mal à encaisser, c'est que le deuxième officier scientifique, c'est sa meuf, pour laquelle il a fui la Terre et s'est engagé. Et même s'il arrivait à digérer ça, le plus pénible, c'est qu'elle ne semble absolument pas savoir qui il est. Alors déjà, ça part mal, on est tous d'accord là-dessus ! Mais en plus de devoir gérer la catastrophe et la sécurisation de tous les blessés du crash, de régler un conflit aigu avec son pathos vis-à-vis de son ex qui ne le reconnaît même pas, et de trouver un chemin pour ramener tout le monde sur terre, parce qu'évidemment, le capitaine est porté disparu et c'est à Liam d'assurer, ben y a des créatures indigènes à l'air franchement belliqueux qui se radinent pour croquer du militaire. Décidément... y a des jours...

Excellente surprise que cette BD à l'apparence japonisante, issue du travail de ces Nuit
Nuit
deux auteurs dont on ne sait pas grand chose. Hormis la supposition qu'ils sont tous deux espagnols (comme cela arrive souvent chez Soleil) et le fait que le scénariste partage son patronyme avec un grand guitariste Flamenco, le dossier de presse reste très évasif à leur endroit et on ne peut donc affirmer qu'une chose : il s'agit de leur première réalisation, en fait de quoi on se retrouve avec un super boulot. ¡ Enhorabuena !

Démontrant qu'on n'a pas besoin d'avoir des kilomètres de réalisation attestée par des collègues illustres pour produire un ouvrage divertissant, intéressant, accrocheur et esthétiquement réussi (l'inverse étant souvent vérifié), le scénariste Oscar Herrero et le dessinateur Raùl Arnaìz Parrondo nous donnent une histoire qui, malgré qu'elle ne sente pas la quintessence de l'originalité, arrive néanmoins, à la croisée des thèmes classiques de la SF située dans l'espace, assaisonnée d'un zest d'Alien et de Stargate, à nous accrocher.

L'histoire est bâtie sur une succession d'épisodes prenant place dans le passé et expliquant la situation actuelle du héros, avec les évènements présents qui sont les véritables constituants de l'intrigue. Cette succession, sans être novatrice, est exposée très clairement et ne fatigue pas la construction mentale du déroulement temporel que cherche à fabriquer le lecteur. L'utilisation des couleurs sert ainsi ce but, et on remercie les auteurs qui, ne se prenant pas pour autre chose que ce qu'ils sont, ne partent pas dans des délires temporels incompréhensibles, finissant en private jokes, hermétiques à tout intervenant extérieur, y compris le lecteur dérouté. Le but est ici de servir l'histoire qu'ils ont choisi de raconter et qui Les oiseaux, c'était mieux avant.
Les oiseaux, c'était mieux avant.
s'avère suffisamment complète pour ne pas avoir à en faire des caisses, et finalement la donner le plus clairement possible au lecteur.

Et ça marche : on s'interroge, on s'étonne, on s'inquiète pas mal de cette aventure, jusqu'à avoir envie de signer pour l'armée de terre, et au passage on est ébloui par le travail, non pas tant du dessin de Parrondo, mais de ses couleurs et de toute l'attention qu'il porte à l'éclairage de ses illustrations, qui plus que des traits, donne à l'intrigue ce petit plus qui la rend vivante.

Un détail tout de même empêche une effusion sans borne de bienveillance à l'égard de cet album : le résumé du quatrième de couverture donne des informations essentielles au contexte de l'histoire, informations qui n'apparaissent à aucun moment dans le déroulement de la BD, et dont on aurait d'ailleurs pu se passer, tant ce background est secondaire dans le développement de l'ouvrage, mais on a malgré tout le sentiment d'être passé à côté de quelque chose. Peut-être s'agit-il d'une faute d'inexpérience et que tout ceci sera rectifié dans le tome 2. Espérons-le et trépignons en attendant.

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