3/10L'Histoire de Joe

/ Critique - écrit par iscarioth, le 04/06/2005
Notre verdict : 3/10 - De la forme et pas de fond (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - laisser un commentaire

De l'ennui. Voilà ce que suscite un auteur qui privilégie la forme au fond. C'est peut-être l'enseignement que l'on doit tirer de L'histoire de Joe.

L'histoire

Joe est un garçonnet vivant seul avec son père, qu'il juge trop pris par son travail. C'est un solitaire dont les seuls amis sont une jeune fille prénommée Béa et un chat des rues. Un jour, le paisible jeune homme est mordu par une chauve-souris et se transforme.

L'histoire de Joe a été publiée pour la première fois en un diptyque aux éditions Le Cycliste, fin des années quatre-vingt dix. En cette année 2005, les Humanoïdes Associés reprennent en main l'oeuvre et la rééditent dans une version refondue de 56 pages.

L'histoire de Joe est un bon exemple pour expliquer les travers de la bande dessinée à atmosphère, cette bande dessinée qui fait place à l'ambiance plutôt qu'à la psychologie et au développement. L'histoire de Joe est lisible très rapidement, en moins d'une vingtaine de minutes. On a l'impression de passer plus de temps à tourner les pages qu'à les lire. Plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, les planches présentées sont très peu chargées en cases (deux cases pour la première planche, trois pour la troisième). On a parfois même affaire à des pleines pages. Sur une planche, il n'y a jamais plus de trois lignes de cases. Il y a aussi beaucoup de cases silencieuses. Les dialogues sont courts, légers et simplistes. Le récit n'est pas commenté. Avec une structure narrative comme celle-ci, et une pagination plutôt réduite, il n'est pas étonnant que les personnages présentés ne développent aucune épaisseur. L'histoire en place semble complètement décousue et amorphe. Au-delà de toute impression d'onirisme et de symbolisme, on croirait lire une bande dessinée expérimentale.

Restent quelques impressions graphiques : un dessin de qualité, une mise en page maîtrisée. Les visages sont caricaturaux, stylisés à l'extrême. L'allure des personnages est vampiresque. Mais rien de marquant : ces qualités graphiques sont bien vaines quand le lecteur n'a pas un scénario et des personnages auxquels se raccrocher. Boiscommun développe un gigantisme gothique tout en noir et blanc crayonné et avec de grandes étendues panoramiques brumeuses... Mais le lecteur reste de glace devant ces images sans essence.


De l'ennui. Voilà ce que suscite un auteur qui privilégie la forme au fond. C'est peut-être l'enseignement que l'on doit tirer de L'histoire de Joe.

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