7/10Héritages

/ Critique - écrit par plienard, le 17/02/2011
Notre verdict : 7/10 - Prendre et donner (Ecrivez votre critique)

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Un accident de voiture brise la vie heureuse de Nina. L’homme qu’elle aime est mort sans qu’elle ait pu le sauver. Et pourtant, elle aurait pu. Elle a le don de guérir par les mains.

Nina a reçu un don de sa grand-mère. Le don de guérir les plaies par les mains. Or elle n’a pas su s’en servir quand il a fallu. Elle a laissé mourir l’homme qu’elle aime, Nils Grenson, après un accident de voiture. Mais était-ce réellement un accident ? Et si Nina était l’enjeu de forces occultes ?


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Sombres, occultes, dépressif, le début de l’album n’est pas vraiment joyeux. Nina refuse son héritage, ou plutôt, veut l’ignorer et s’installe dans une sorte de dépression. Heureusement, son amie Chloé aime la vie pour deux. Et pendant une bonne partie de l’histoire, elle va être le moteur de l’album. Celle par qui tout se déclenche.

Donc, dans une atmosphère sombre, on suit Nina et sa découverte d’un autre monde, celui des sorciers et des sorcières. Bénédicte Gourdon est au scénario de ce thriller fantastique. Au dessin, Stéphanie Hans dans un style qui ne suit aucun des codes de la bande dessinée franco-belge classique : cases éclatées, dessin d’un lieu sur une page agrémenté de cases contenant les personnages, style qui n’est pas sans rappeler Buddy Longway de Derib mais qu’elle gère de très belle manière. Le sens de la lecture est clair, jamais difficile. Et si, dans la majorité des albums, le dessin est efficace et suffisamment discret pour laisser s’exprimer le scénario, ici ce n’est pas la cas. Certes le scénario est bien ficelé (j’y reviendrais par la suie), mais ici, dès la première page, ce qui apparaît au lecteur, c’est le dessin et les couleurs. Et si une certaine puissance émerge des premières pages – un trait épais, une prédominance du noir et du rouge – le dessin sait se faire plus fin par la suite. Il est très efficace et exprime surtout une atmosphère. En effet, mieux vaut ne pas regarder avec précision les détails du dessin, comme cette page 13 où Chloé et Nina sont attablées à une table de deux à la case 1,
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pour finir sur une table de quatre à la case 5. Mais cela est peu important au regard de l’histoire.

C’est l’histoire des sorcières avec des gentilles (Nina, sa grand-mère Marcelline) et des méchantes (il faudra lire l’album pour les connaître …), mais elle traite aussi de la différence et de la façon dont on l’assume. Heureusement pour Nina, son amie Chloé va être là pour la supporter, mais surtout pour la remuer, pour la faire réagir. Tout ce qu’on demande à une amie. Finalement, cette histoire de sorcières est le prétexte à traiter des rapports et des comportements humains.

L’album s’inscrit dans une série de récits consacrés à des femmes singulières, les sorcières. Après Bianca, Hypathie et Sorcellerie et dépendance, voici Héritages dont on conclura par cette phrase : il ne faut pas avoir honte de ce que l’on est.

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