2.5/10Haute sécurité - Cycle 2 : Les nouveaux maîtres - Tome 1

/ Critique - écrit par riffhifi, le 30/03/2008
Notre verdict : 2.5/10 - Sécuritasse (Ecrivez votre critique)

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Callède empile cliché sur cliché avec un soin tel qu'on se demande dans quelle mesure il ne le fait pas exprès. L'intérêt du résultat est proche du néant.

En août dernier, Callède et Gihef sortaient simultanément les deux premiers tomes de Haute sécurité, un titre d'une originalité redoutable pour une série carcérale (et puis au moins, Stallone ne l'a pas utilisé avant eux). Sans perdre de temps, ils font chauffer le troisième tome pour début avril 2008, commençant ainsi un nouveau cycle de deux albums. Il faut dire que le scénario ne doit pas être bien long à écrire...

A la prison de Templeton Bay, on s'amuse toujours autant. Les prisonniers semblent s'être mis en tête de se suicider les uns après les autres, au grand dam du gentil Aleks Wojda, qui essaie de résoudre ce mystère. Reeves, en revanche, s'en tamponne complètement parce qu'il est très méchant. Pendant ce temps, un Du cul gentil
Du cul gentil
prisonnier se plaint de l'élargissement intempestif de son trou de balle par son voisin de cellule.

Le lecteur moyen de ce genre de série incontestablement commerciale est généralement équipé d'une télévision. S'il est possible qu'il ait raté Oz dans les années 90, il est néanmoins peu probable qu'il soit passé à côté de Prison Break. Difficile de ne pas faire pâle figure en face d'un tel carton qui, malgré ses défauts, contient tout de même son lot d'innovations scénaristiques. Haute sécurité, pourtant, se contente de dévider sur 46 pages les pires clichetons associés aux histoires de prison : le « boss » à la tête d'un trafic de drogue interne, la sodomie forcée des faibles par les forts, le « gentil gardien » (humain, intelligent et sexy) opposé au « méchant gardien » (sadique, malhonnête et libidineux) (et roux, tant qu'à faire)... Surnageant au-dessus de cet océan de lieux communs platement alignés, l'histoire de ce nouvel opus peut être résumée en une courte phrase : qui pousse les prisonniers à se suicider, et pourquoi ? En admettant que vous soyez intéressé par la réponse, on peut vous conseiller d'attendre directement le prochain tome pour l'obtenir, car celui-ci ne contient qu'un nombre d'indices purement symbolique. Un peu de violence (mais pas trop), un peu de sexe (mais pas trop cru), quelques éléments sordides pour Du cul méchant
Du cul méchant
l'ambiance (une poubelle dans le décor, un peu de vomi au coin des lèvres - pas trop non plus pour ne pas effaroucher le père de famille qui partage la lecture avec son fils de 13 ans), et hop ! le tour est joué. A croire que ce genre de scénario sort d'une machine, comme dans cet épisode de Chapeau melon et bottes de cuir où il suffisait de jouer quelques notes sur un piano (« rupture », « sexe sur la plage », « orchidée dans les cheveux ») pour qu'un roman à l'eau de rose de 300 pages tombe d'une trappe spécialement conçue. Littérature express : pas d'idée, pas d'envies personnelles, juste une formule déclinable à l'infini.

Le dessin de Gihef, en revanche, n'est pas en cause : dans son style réaliste, il assure le récit efficacement, et parvient même par moments à lui insuffler une gravité et une ampleur que le scénario seul était bien impuissant à fournir (voir la très belle page 32 avec son découpage symétrique au service d'un dessin inspiré). Mais pas assez pour sauver l'album de la médiocrité. Le plus rageant est que Callède et Gihef ont visiblement le talent nécessaire à la réalisation d'une bande dessinée bien meilleure, mais qu'ils le sacrifient à la facilité dans le but de faire de meilleures ventes. A tout prendre, on préfère presque le Damoclès du même Callède, qui fait preuve d'une démarche un poil plus originale.

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