5/10Haggarth, l'avant Conan

/ Critique - écrit par plienard, le 11/02/2013
Notre verdict : 5/10 - À lire hagard (Ecrivez votre critique)

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Les éditions Casterman propose depuis le mois de Janvier 2013 de retrouver réunis sous forme d’une intégrale les albums d’une des premières œuvres d’héroïc-fantasy de Victor de La Fuente (1927 – 2010) : Haggarth. Les deux premières histoires, Le crâne aux trois serpents (1978) et Le jeu d’échec (1979) sont parues dans le mensuel (à Suivre). Les deux autres récits, Le paradis maudit et Vers d’autres contrées (récit incomplet) sont, eux, parus en Espagne et totalement inédits en France.


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Haggarth est un guerrier Tuna. Avec quelques hommes, ils projettent de voler le crâne aux trois serpents, une relique à l’étrange pouvoir. Mais ils sont vite repérés par un bucheron qui va sonner l’alerte dans le village voisin pour leur tendre une embuscade dans laquelle Haggarth va être laissé pour mort. Évidemment cela ne s’arrête pas là. Le bucheron est lui-même blessé et perd la vue. Il presse donc un homme de foi qui passe par là de lui rendre la vue. Ce dernier ne connaît qu’un seul moyen, le conduire chez une sorcière qui va échanger les visages du bucheron et du guerrier Tuna. Mais l’opération n’est pas anodine et voilà que le bucheron se retrouve avec deux âmes qui s’opposent. Un nouvel Haggarth prend vie et il va suivre sa route, réglant les conflits et luttant contre les tyrannies.

Victor de La Fuente est un peu le précurseur de l’héroïc-fantasy en bande dessinée avec cette histoire. Tout en noir et blanc, cette intégrale nous dévoile un monde violent, parfois cruel du type Conan le barbare, où l’humour apparaîtra uniquement avec le personnage d’Ethan, une sorte d’idiot peureux et profiteur qu’il va croiser tout au long de ses aventures. Et si le trait du dessinateur est extrêmement précis, le noir et blanc fait perdre quelques détails au dessin ce qui rend, certes, le récit encore plus sombre mais aussi très compliqué à comprendre.

Le dessin est fantastique mais la narration est parfois difficile à suivre, les cases s’enchainant sans réels liens donnant la sensation qu’il manque une case entre deux autres. Ensuite les errements du héros ne sont pas toujours très simples à comprendre non plus. Si le monde dans lequel il évolue est cruel, ses actions et réactions sont obscures. La dualité du personnage est au final peut évidente ce qui le rend mi-figue mi-raisin, parfois doux parfois violent.

Et si, à la fin de l’album, le dossier de Nicolas Finet met en avant la qualité de l’auteur – ce dont on convient volontiers – et de la série – ce dont on convient un peu moins – il a le mérite de remettre une œuvre dans son contexte en montrant son côté précurseur.


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