6/10Grand prix - Tome 2 - Rosemeyer !

/ Critique - écrit par plienard, le 12/06/2011
Notre verdict : 6/10 - A la surface (Ecrivez votre critique)

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L'Allemagne se relève à une vitesse exceptionnelle. Le peuple est ravi et les sports automobiles est une des vitrines du régime nazi pour exprimer la supériorité nationale. Ce n’est pourtant pas pour autant que les pilotes sont d’accord avec tout. Marvano se livre à une belle expérience historique dessinée.

L’emprise du national-socialisme se fait de plus en plus présente dans toutes les couches de la société. Surtout au sein des équipes de grand prix, les SS entendant pouvoir dicter leur conduite. Mais la passion du sport est plus forte pour certains que celui de la nation. Les Caracciola, Toliver ou encore Rosemeyer sont des pionniers dans leur sport et courent pour leur gloire et pas celle de leur pays.


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Marvano signe son deuxième album de Grand Prix. Celui qui a notamment adapté la guerre éternelle avec Joe Haldeman, ainsi que Libre à jamais, nous livre un album à la fois captivant et chiant. Captivant dans la description de la vie des pilotes, sortes de chevalier des temps modernes, et surtout l’attitude qu’ils mettent à s’opposer au régime. Et chiant dans cette superposition d’informations historiques et sportives, qui font passer le livre pour un manuel d’histoire. Pourtant toutes ces informations jouent aussi leur rôle, en montrant comment l’Allemagne a acquis son sentiment de supériorité (la centième traversée du Zeppelin, la traversée de l’Allemagne vers l’Asie par Elly Beihorn). Bien sûr, tous ces événement installent les personnages et l’atmosphère générale de l’époque et de l’album : la montée du fascisme et en filigramme quelques allusions à l’évincement des juifs. Mais c’est surtout le comportement des pilotes face aux valeurs du national-socialisme que l’on retient. De plus cette somme d’information réduit l’intrigue à peau de chagrin. Au point que l’on se demande pourquoi avoir titré Rosemeyer ? L’allemand aura droit à une quinzaine de cases sur les 27 premières pages dont une double page qui est consacrée à  sa conduite d’une flèche d’argent.
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Dans la première partie, Leslie Toliver est plutôt le personnage principal et est le vecteur de la prise de conscience sur le sort des juifs. La seconde partie sera effectivement plus consacrée à Bernd Rosemeyer. On s’amusera alors à le voir imiter le führer, mais on sera déçu de le voir se mettre dans le rang quand le petit caporal s’approche. C’est d’ailleurs l’attitude générale qui prévaut et qui est bien marquée par l’auteur : le petit monde du sport automobile bénéficie des largesses du régime mais ne supporte pas le manque de liberté que cela lui impose. Pourtant, malgré quelques esprits éclairés et quelques évidences, ce petit monde fait comme tout le monde, il se tait.

Au final, on ne voit pas bien le sens de cette série. Un hommage aux sports mécaniques de cette époque ? Une vision des faits historiques au travers le prisme des champions automobiles ? On ne sait pas. Si bien que l’attitude de l’auteur résonne dans cet album comme celui de ces précurseurs : dilettante. Ce qu’on ne saurait croire vu le nombre de détails et d’informations historiques. En tout cas le message qui a voulu être envoyé est râtée. Seuls les fans d’automobiles et de son histoire y trouveront de l’intérêt.


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