8/10Le Grand Meaulnes

/ Critique - écrit par plienard, le 10/11/2011
Notre verdict : 8/10 - BD classique (Fiche technique)

Bernard Capo a le courage d’adapter le roman d’Alain-Fournier, le grand Meaulnes. Grand classique de la littérature, ce très beau roman sera maintenant une belle bande dessinée.

Est-il besoin de raconter l’histoire du Grand Meaulnes. Le (seul) roman d’Alain-Fournier est extrêmement célèbre, et a été lu par une majorité de charmantes têtes blondes. Alors, pour les quelques personnes qui ne connaîtraient pas cette histoire, je vous invite à la découvrir dans cette bande dessinée particulièrement fidèle à l’œuvre, et à lire le roman (avant ou après la bédé !).

Dire que la bande dessinée est fidèle au roman n’est pas qu’une figure de style. Les ayant-droits et l’auteur Bernard Capo ont tenu à insérer en prologue et en épilogue les témoignages des héritiers d’Alain-Fournier (mort en 1914, dans la Meuse pendant la grande guerre). Ceux-ci ont refusé des adaptations cinéma contraires à l’esprit du livre. Seul le film de Jean-Gabriel Albiccoco, et maintenant cette bande dessinée, obtiendront les autorisations d’adaptation.

Bernard Capo, son auteur, n’a eu qu’à suivre l’écriture d’Alain-Fournier, la mise en page lui revenant. Démarrant par deux bandes prenant toute la largeur de la page, Capo localise les événements et nous installe dans l’ambiance. Par la suite, il utilisera encore ces larges cases pour les extérieurs. Elles n’ont plus de limites, le lecteur plonge littéralement dedans. Ses représentations de la campagne sont parfaites. On y retrouve le côté suranné de ces journées en province, les impressions imaginées et rêvées qui ressortent à la lecture du roman. C’est la poésie d’un temps, aujourd’hui disparu. Il a pris le temps de raconter tout le roman, sans réellement faire l’impasse sur certains passages. L’histoire est dure, tendre, émouvante, triste. On quitte François Seurel, le narrateur, une larme à l’œil, en s’écriant, bon dieu que c’est beau !


DR.