7/10Game over - Tome 3 - Gouzi gouzi gouzi

/ Critique - écrit par riffhifi, le 13/10/2008
Notre verdict : 7/10 - Overkill (Ecrivez votre critique)

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Spin-off de Kid Paddle lancé en 2003, Game over suit les mésaventures d'un petit barbare héros de jeu vidéo. Avec son humour cartoonesque sadique, la série est curieusement susceptible de plaire à un public plus large que son aînée.

S'il est devenu inutile de présenter Kid Paddle, équivalent gamer d'un Titeuf, ni son créateur Midam qui se fait des nouilles encore avec son personnage, on peut néanmoins passer un coup de projecteur sur Game over, sorte de série dérivée qui fut lancée en 2003 mais ne sort aujourd'hui que son troisième tome (en tête de gondole, néanmoins). On se souvient que Paddle, comme son nom l'indique, a régulièrement la main gluée à la manette de sa console de jeu vidéo ; son jeu favori implique un petit barbare en lutte contre les Blorks, de gros monstres pustuleux qui pullulent dans son espace vital. La série Game over est constituée exclusivement d'épisodes tragiques de la vie de ce petit bonhomme.


L'argument vidéoludique, soyons honnête, est bien mince : en dehors de la fatidique mention « Game over » qui scande les épisodes, et de quelques gimmicks davantage hérités du jeu de rôle que du jeu vidéo (les potions, les péripéties d'heroic fantasy...), les aventures du barbarounet tiennent essentiellement du dessin animé à la Tex Avery. De la même façon que dans les mythiques bandes de Bip-Bip et le Coyote, chaque planche est construite sur un modèle rigoureusement codé :

  1. le héros doit quitter le décor, avec la princesse, en suivant une flèche jaune marquée Exit.
  2. la tentative se solde par un échec pittoresque et sanglant.

La violence de chaque chute, avec ses bouts de tripaille et de cervelle, évoque le fameux Itchy et Scratchy Show des Simpson ; à de rares exceptions près (deux dans cet album), les gags font une page, et sont d'une pureté absolue : muets à l'exceptions de borborygmes élémentaires, ils s'articulent sur un rythme ternaire impeccable, composé d'une exposition (une case), d'un développement (quelques cases) et d'une chute (une case). La chute en question peut être littérale, en
hommage au Coyote précédemment cité, qui n'aimait rien tant que le saut en parachute sans parachute.

Forcément, le nombre de combinaisons que permet l'univers de Game over est relativement limité, et on imagine mal la série continuer jusqu'au tome 60. Mais les 44 pages d'un album s'avalent avec plaisir et gloussements, sans causer le genre d'irritation que peut déclencher une bande dessinée comme Kid Paddle (puérilité, tentative parfois maladroite d'évoquer la réalité). Il y a quelque chose de quasiment abstrait dans ces gags cartoonesques où les personnages se découpent, explosent, fondent et s'empalent. Et on se réjouit des dessins réellement fendards de Midam et Adam, et de l'ingéniosité des auteurs à trouver un graphisme différent à chaque page pour écrire les mots Game et Over. Alors évidemment, ce n'est pas avec ça que vous allez étoffer votre thèse sur l'influence du spinozisme dans les loges maçonniques du XIXème siècle, mais il faut bien faire des pauses de temps en temps.

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