3/10Fucking Karma - Tome 1 - Los Angeles

/ Critique - écrit , le 08/03/2007
Notre verdict : 3/10 - Fuck (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 16 réactions

Des chapitres qui s'enchaînent sans que le moindre intérêt viennent stimuler notre encéphalogramme au fil des pages. Une quête de soi même qui s'annonce prolifique pour cette bande de neuneus, mais perdue d'avance pour le lecteur.

-Pac : Donne moi un « B ». Donne moi un « I » ; Donne moi un « T »...
-Toubib : T'es trop con Pac
-Vince : Bon les gars, c'est pas la peine de m'attendre. Je vous ai déjà dit que je ne pisserais pas dehors, alors vous pouvez speeder. J'ai autre chose à foutre que regarder un abruti essayer d'écrire le mot « bite » avec sa pisse.
-Pac (après un grand moment de silence agacé avant de retrouver un sourire enfantin) : Donne moi un « M », donne moi un « O », donne moi un « L » : Bitmol !

A notre tour de rester silencieux. Un long silence entouré de mystères face à une modeste problématique : Fucking Karma serait-il un mauvais second degré dont la voie le mènerait vers un « Fucking Navet » ?


Fucking Karma
a l'aspect de Wayne's World sans en avoir le goût doucement amer. L'intrigue raconte le périple de trois français très moyens qui ont décidé de perfectionner leur anglais en effectuant un voyage de 15 jours à Los Angeles. C'est un euphémisme. Toute cette délicatesse prise soigneusement avec des pincettes signifie en réalité que cette joyeuse compagnie recherche assidument des troupeaux d'Anna Nicole Smith encore conservées et prêtes à oser toutes les choses inimaginables au pays de la Liberté.

Vince, grand narrateur dissimulant ses pulsions d'écrivains depuis tout petit, se retrouve donc à supporter la présence envahissante de ses potes Pac et Toubib. Deux excités ayant rarement foulé les bancs de la fac, parés à succomber à toutes sortes de délires enchantés toujours en phase avec leur karma. Durant ce périple juvénile, les frenchies look beauf californien vont découvrir le mode de vie à l'américaine. Avec des «putains»; des «chier» et des «fuck» pour ponctuer de vannes « franglaises » sans effets (il y'en à chaque page), destinées à montrer que derrière leurs grands airs, ces trois messieurs ont les «nuts». Des dialogues pompeux donc où nous avons l'impression que derrière leur synthaxes approximatives, l'auteur a voulu construire de vraies répliques en vain qui ne sont pas rattrappées par le second degré de la narration.


Le scénario de Pacco reprend ici une intrigue typiquement américaine étant donné qu'il entraîne ses personnages dans une sorte de road movie destiné à les faire réfléchir sur eux-mêmes et sur certaines questions métaphysiques liées à l'existence. Comme dans tous les road movies, vous avez la chère voiture victime d'un incident malheureux, la méchanceté des autochtones qui soudent les liens du groupe,les métamorphoses personnelles, ou encore les paysages désertiques où nos amis les kids sont censés s'émerveiller et conclure « la vie est belle ». Le schéma classique de ce type de narration mais qui diffère sur plusieurs points. A la lecture, nous subissons davantage la situation des personnages plutôt que d'entrer dans leurs folies collectives. Aucun d'eux, même le petit Vince, n'a un semblant de charisme pour que nous nous intéressions à leurs sorts respectifs. Cette bande de copains sans-gênes semble être en décalage avec la culture de l'Oncle Sam qui, reconnaissons le seul point positif potable de cette ouvrage, ne ridiculise pas ses occupants. Les français sont ainsi des ploucs dont la quête inconsciente est la recherche de la maturité suffisante pour accepter les règles de vie du pays qu'ils visitent. « Logique » me direz-vous, mais difficilement surmontable pour cette fucking bande.


Pas de chance pour fucking karma, mais le dessin n'est pas non plus un joli bouquet de fleurs cachant le pot cassé. Les protagonistes manquent parfois d'expressivité. Ce n'est pas le style en lui même qui pose problème mais plutôt la manière dont il est rendu, la gestuelle a tendance à se figer, les traits de visages sont approximatifs et le tracé manque cruellement de contraste. Mais ne jouons pas non plus les bourreaux de service. Fucking Karma se fraye quelques pistes sur la décomposition des actions sans vraiment les approfondir. Au final, seule la coloration semble sortir son épingle du jeu sans manifester une aisance certaine dans son élément à cause d'un manque d'affirmation au niveau de l'ambiance.


Tel est le fucking karma. Des chapitres qui s'enchaînent sans que le moindre intérêt viennent stimuler notre encéphalogramme au fil des pages. Une quête de soi même qui s'annonce prolifique pour cette bande de neuneus, mais perdue d'avance pour le lecteur.

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