8/10Fraternity - Livre 2/2

/ Critique - écrit par plienard, le 17/11/2011
Notre verdict : 8/10 - La fraternité, une utopie humaine (Ecrivez votre critique)

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En capturant la bête, les villageois de Fraternity ont cru qu’ils avaient réglé leur problème. Mais ils se sont trompés, car le problème vient d’eux. Diaz Canalès prouve ici qu’il sait faire autre chose que du Blacksad, Munuera s’éclate au dessin avec Sedyas aux couleurs. Une bonne BD quoi !

Fraternity est un village fondé par une communauté qui a érigé les valeurs de la fraternité et de l’égalité comme des éléments principaux de leur société. En cela, leur village porte bien son nom. Enfin, quand tout va bien car depuis que la guerre de sécession s’est déclarée, les approvisionnements sont plus difficiles. Et même si la communauté vit à l’écart de la société, elle commerce avec.
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Et pour ne rien arranger, son fondateur est mourant et une bête à l’apparence diabolique vient d’être capturée. Les passions se déchaînent alors, et les vieux réflexes reviennent au galop. La haine, l’égoïsme, la peur de l’étranger, la cupidité, la traitrise, Fraternity va vivre ici une étape essentielle de son histoire et qui va décider de son avenir.

On retrouve la suite et fin de Fraternity dans ce second tome de Diaz canales (Blacksad) et Munuera (Spirou, Walter le loup). Si l’histoire contient les douces saveurs des valeurs les plus nobles du socialisme et du communisme, elle montre aussi toutes les limites d’une telle expérience, rattrapée, qu’elle est, par la nature humaine. Emmené par les auteurs sur les fausses pistes de l’être démoniaque et du gamin muet, le lecteur découvre une communauté qui doit affronter de vrais démons, ceux qui amènent à l’isolement, au communautarisme le plus primaire. Au point que les déserteurs de guerre, noirs en plus, ne seront pas mieux traités que la bête capturée.


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Une histoire bien noire, donc, dessinée merveilleusement par Munuera et colorisée divinement par Sedyas. Si le trait faussement réaliste de Munuera ne nous est plus inconnu, la couleur joue ici un rôle important. Dans l’ambiance froide et sombre, les moments de clarté sont rares sauf peut-être avec l’héroïne Fanny. Un dernier mot sur le découpage des cases où Munuera nous gratifie de grandes cases magnifiques, et notamment cette double page avec la bête en haut du cloché. Grandiose !

Pour conclure, Diaz Canalès, Munuera et Sedyas jouent dans la même équipe et dans le même sens, de façon collective, pour une même et seule cause, le bien du lecteur. C’est peut-être aussi cela la fraternité.

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