7/10Fluffy en Sicile

/ Critique - écrit par iscarioth, le 19/11/2006
Notre verdict : 7/10 - Tendresse et autodérision (Ecrivez votre critique)

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Fluffy en Sicile est donc un album appréciable pour son innovation et son culot narratif, sa façon d'aborder le quotidien avec tendresse et humour, sans naïveté.

Voici la suite des aventures de Fluffy le lapin (« J'suis PAS un lapin ! »). Les deux premiers chapitres ont été publiés chez les éditions de l'An 2, et les deux suivants paraissent en cette fin d'année, toujours édités par la maison de Thierry Groensteen.

Le travail de Simone Lia présente la particularité, rare et estimable, d'être à la fois un travail d'auteur, en dehors de l'entertainment habituel, et une oeuvre tout à fait accessible, racontant des choses simples, sur un ton simple. L'histoire est celle des Pulcino, famille anglaise passant ses vacances en Sicile. Le fils, Michael Pulcino, est un être plutôt solitaire, sans autres véritables attaches que sa famille et sa progéniture, Fluffy, un lapin qui parle, couvert d'attentions comme si c'était un enfant. Les deux récits contenus dans l'ouvrage tiennent du genre quotidien. On parcourt les relations intrafamiliales, avec une mère très portée sur la religion et un fils poursuivi par une petite amie collante. De discussions de la vie de tous les jours aux moments de réflexion personnelle en passant par les inévitables disputes, l'album nous montre une vie pas si éloignée de la réalité de tout un chacun... A une différence près, et de taille : Fluffy, le « lapin-enfant », un personnage qui apporte tant en tendresse qu'en comique et qui détourne le récit du « réalisme quotidien » pur.

Le style de Simone Lia est tout à fait appréciable. La dessinatrice fait preuve d'une réelle modestie en se moquant elle-même de son oeuvre, désamorçant ainsi toute critique. Elle a intégré au récit des narrateurs fantaisistes : un grain de poussière, une cellule du cerveau et un grain de poussières. Ce dernier fait des incursions dans le récit pour le critiquer : « Ca ne m'intéresse pas de travailler avec un scénario aussi plat et peu exigeant, et avec des amateurs complètement nuls ». En conclusion, la pellicule déclare : « Il n'y avait pas d'histoire. Le scénario était lamentable et mou ». Outre le fait que cet élément narratif témoigne de la qualité d'autodérision dont fait preuve Simone Lia, il apporte un haut degré d'originalité et constitue une agréable surprise pour le lecteur. Cependant, notre petite poussière fait parfois mouche : « Il y avait trop de texte. J'ai horreur des BD avec trop de textes » déclare-t-elle en conclusion de l'album. C'est un défaut qu'on peut effectivement reprocher à l'album, qui assomme d'entrée ses lecteurs au bout de la quatrième page, avec trois pavés de description/récapitulatif écrit. Du point de vue de la forme, le dessin de Lia est tout à fait appréciable, dans l'esprit de la bande dessinée moderne sans pour autant donner l'impression de singer tel ou tel mouvement ou auteur. Des formes simples, des contours à l'encre tremblants, et des couleurs dans des tons marron clair.


Fluffy en Sicile est donc un album appréciable pour son innovation et son culot narratif, sa façon d'aborder le quotidien avec tendresse et humour, sans naïveté. Un album à recommander, malgré quelques petites lourdeurs.

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