7.5/10Flor de Luna - Tome 1 - Santa Maria Cristina

/ Critique - écrit par iscarioth, le 25/06/2007
Notre verdict : 7.5/10 - Un bon cigare, un bon fauteuil et une bonne BD (Ecrivez votre critique)

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On n'avait pas eu d'impression aussi positive sur un projet d'ambition de Glénat depuis longtemps.

Depuis quelques années, plus aucune série d'ampleur ne se lance, capable d'incarner la nouvelle locomotive de chez Glénat qui, en ces temps de crise, a bien besoin de nouveaux moteurs. Eric Stalner, l'un des pères de la Croix de Cazenac, série culte de chez Dargaud, a rejoint le navire pour y lancer de grandes expéditions, censées ramener la maison Glénat sur la route de la gloire. Première tentative avec la série SF Voyageur, qui nous a peu convaincue. Deuxième tentative, bien plus réussie, avec Flor de Luna, une saga familiale.

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Flor de luna, tome 1
La saga transgénérationnelle est une entreprise d'envergure, bien connue du public après les années 1990, le Décalogue de Giroud et autres histoires de la vague des séries à dessinateurs multiples. Flor de Luna, format traditionnel 48 pages couleur, nous montre d'emblée les deux points de repère chronologiques. L'origine de la sage, 1825 et sa continuité présente, « de nos jours ». Le cœur de cette longue histoire ? Le cigare et son commerce. Original, et presque osé, en ces temps où le tabac est l'ennemi public numéro un en France et en passe d'être banni du grand écran hollywoodien. On s'amusera d'ailleurs du petit message préventif sur la page des remerciements et crédits : « fumer nuit gravement à la santé ».

Eric Stalner, maitre d'œuvre, conçoit à la fois le scénario avec Pierre Boisserie et le dessin avec Eric Lambert. L'auteur impressionne sur cet album par sa capacité à tout mettre en place avec le savoir faire d'un vieil artisan et la précision d'un horloger. Ce premier album nous propulse sur un navire, milieu 19ème, en proie à une mutinerie. Le souffle de la piraterie se lève, rappelant les grands moments vécus devant les Révoltés du Bounty et consorts. On nous le souligne : cet événement explosif, générateur de suspens, d'action, est le premier nœud du récit : là où les destins se lient et où l'histoire (avec un grand H) s'écrit. Les auteurs sont performants dans l'action, construisant des planches narrativement lisibles et à angle de vue mobile. Leur « caméra » virevolte, nous donnant à voir d'excellents champs/contre-champs.

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Flor de Luna, tome 1
Dans un deuxième temps, le récit passe de la piraterie à la chronique familiale et historique. Le temps passe et les personnages évoluent, chacun de leur coté, en attendant que les chemins, inévitablement, ne se recroisent. Dans sa construction scénaristique et graphique, l'album contente donc pleinement. Quels défauts, alors, pour cette série en gestation ? Un seul, principalement, qui n'a d'ailleurs rien de tout à fait insupportable : le coté un peu trop machiavélique et archétypal du capitaine Portero. Couard, fourbe, manipulateur, évoluant en toute impunité car du coté des puissants, il s'oppose à la figure virile de l'album, celui qui semble être le héros, Castellano, un charismatique au passé tumultueux. Après une performance graphique qui laissait à désirer sur Voyageur, on retrouve Stalner en grande forme, ici, avec des visages de caractère et une colorisation agréablement réalisée, à tout point de vue, par le duo Pradelle/Langlois.

Ce premier album de Flor de Luna annonce donc beaucoup de bonnes choses. On n'avait pas eu d'impression aussi positive sur un projet d'ambition de Glénat depuis longtemps.

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