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5.5/10La fleur amoureuse

/ Critique - écrit par Maixent, le 18/06/2013
Notre verdict : 5.5/10 - Monstroplante (Ecrivez votre critique)

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Connu en tant que dessinateur érotique, Silvio Cadelo est surtout un illustrateur mettant ses talents au service de son imagination débridée. A rapprocher du monde de la SF, il a travaillé en collaboration avec Jodorowsky et a su intégrer dans ses albums une dimension onirique qui est devenue sa marque de fabrique. Dans Envie de Chien, mettant en scène des créatures humanoïdes hermaphrodites on trouvait déjà cette douceur du trait et un style reconnaissable, témoin d’une certaine époque et d’une vision d’un monde futuriste d’un autre temps.

Dans cet album, réédition de 1990, on perçoit cette langueur amoureuse,
Lost in space
portée par un dessin délicat que l’on pourrait situer entre Mattoti et Moebius. On y retrouve un talent indéniable bien qu’un peu daté, permettant à l’auteur de se laisser porter par son histoire étrange de plante extraterrestre. On se laisse aussi porter par une sorte de mysticisme interstellaire que l’on avait vu auparavant dans les bandes dessinées de Philippe Druillet ou du Surfer d’argent. Une croyance en d’autres mondes permettant une ouverture de l’esprit, bien loin de l’invasion massive de créatures belliqueuses ne cherchant qu’à dominer notre monde. Car si la domination du monde est évoquée, ce n’est pas par les armes mais grâce à l’amour. Conception post-baba cool qui a eu fait son temps mais ne rencontre plus vraiment d’écho aujourd’hui.

On en arrive au point crucial qui pose problème dans son livre. D’accord on peut avoir une conception mystique. On peut être dans une optique
Sexe écolo
écologique d’aimer la nature. On peut se dire qu’il s’agit d’une fable, avec une morale qui lui est propre. On peut aussi se laisser porter par un dessin de qualité. On peut se dire que les plantes sont des entités vivantes et qu’elles ressentent certaines émotions. Mais cette plante extraterrestre mettant un préservatif pour coucher avec Emilie, une jolie jeune rousse qui n’aura de cesse de vouloir retrouver son amant végétal après s’en être débarrassé car tout cela est quand même un peu flippant, ça passe difficilement. On sait que certaines ont un amour contre nature avec des courgettes, voire des aubergines, mais de là à parler de sentiment amoureux, il y a un gouffre.

La fleur arrive sur Terre sous la forme d’un gland étrange qu’Emilie reçoit
Pendant ce temps les kangourous
de son jardinier de père comme cadeau d’anniversaire. Elle se développe jusqu’ à une taille humaine, c’est alors que des pulsions apparaissent envers la jeune fille. Elle passe ensuite entre les mains de plusieurs femmes avant de prendre la forme d’un homme. Entre temps, les pages sont entrecoupés de cases mettant en scène différentes formes animales occupées à copuler, tortues, lapins et autres, dans une espèce de grand hymne à l’amour sur terre.

Sylvio Cadelo reste un très bon illustrateur, notamment des Fleurs secrètes de Pierre Louÿs, ouvrage  du même niveau que les Onze mille verges illustrées par Liberatore dans un autre style. Cependant, la Fleur amoureuse n’est pas la plus représentative de ses œuvres, son style empreint de symbolisme n’y étant pas développé à sa juste valeur.  Si on est tout de suite pris par le dessin, l’histoire laisse froid malgré son originalité.

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