9/10Mon fiston

/ Critique - écrit par iscarioth, le 26/08/2006
Notre verdict : 9/10 - Hommage burlesque (Ecrivez votre critique)

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Mon fiston possède deux grandes qualités. La première, c'est de soulager les blasés du graphisme conventionnel et mou par un dessin hors du temps, très agréable à parcourir. La seconde, c'est de distraire par un humour tout aussi ancien mais paradoxalement frais et hors norme.

A croiser Mon fiston dans les pages d'un catalogue ou dans les rayons d'une librairie, on se dit que l'ouvrage est certainement une réédition d'une très lointaine bande dessinée, réalisée par un très obscur auteur du début du 20ème siècle. Ca en a l'allure, mais ce n'est pas le cas.


Mon fiston
est un album bien d'aujourd'hui, mais qui s'amuse à pasticher le style graphique d'il y a cent ans. Le contenu de l'album et l'impression qu'il produit sur le lecteur sont bien représentées en couverture. Les planches sont douces, agréables à parcourir, colorisées avec des tons vifs et pétillants. Les arrières plans granulés tirent sur le jaune, le rose, l'orange ou encore le bleu. Olivier Schrauwen extrait du style graphique du début du 20ème siècle toute une saveur, tout en n'épuisant pas les lecteurs contemporains, même ceux non initiés.


Graphiquement toujours, Olivier Schrauwen rend aussi hommage au surréalisme belge, lancé en peinture vers 1925 avec comme chef de file René Magritte. Mon fiston est parsemé de tableaux décrivant les lieux visités par le couple de héros de l'album. Schrauwen semble s'inspirer clairement des fameux tableaux du mouvement surréaliste.

Sur fond d'hommage aux premiers âges de la bande dessinée et au mouvement surréaliste belge, qu'est-ce qu'Olivier Schrauwen peut bien raconter ? L'histoire est celle d'un père et de son enfant, une espèce de gnome hideux au corps de vers de terre et au visage de prince Charles. Le vieil homme trimbale son gamin dans la paume de sa main, d'activité en activité, masquant sa faillite morale par une affection débordante. Le synopsis peut laisser deviner un mélodrame, mais pas du tout. Mon fiston est du genre burlesque et absurde. Le burlesque s'affiche dès la première histoire, celle, muette, de l'accouchement, avec un médecin qui tente de faire sortir l'enfant à grand coup de balais sur le ventre de la mère. Le père et son fiston visitent un zoo, un musée, font du golfe, et toute activité représente un risque de perdre l'enfant, minuscule et sans défense. On retrouve avec Mon fiston l'un des principaux ressorts du burlesque, réutilisé mainte fois dans les cartoons : la petite chose que l'on perd et qu'on s'use à retrouver à grand coup de stratagèmes et courses-poursuites.



Mon fiston
possède deux grandes qualités. La première, c'est de soulager les blasés du graphisme conventionnel et mou par un dessin hors du temps, très agréable à parcourir. La seconde, c'est de distraire par un humour tout aussi ancien mais paradoxalement frais et hors norme. A recommander chaudement.

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