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9.5/10Filles perdues

/ Critique - écrit par Maixent, le 29/03/2008
Notre verdict : 9.5/10 - Filles perdues, sexe gras (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Quand on se demande ce que sont devenues les héroïnes de notre enfance.

Alan Moore est surtout connu pour être le scénariste de séries à succès telles que V pour Vendetta, Watchmen, From Hell ou encore la Ligue des Gentlemen Extraordinaires. L’ensemble de ses œuvres ont été portées sur grand écran et ont connu un impact certain vis-à-vis du public (Pour Watchmen, comic de super-héros original et très fourni, la sortie est normalement prévue pour mars 2009).

Filles perdues participe de l’œuvre d’Alan Moore dans le sens qu’il s’agit à priori d’un scénario assez simple, mais permettant une réelle réflexion et puisant dans des Ombres chinoises
Ombres chinoises
sources plus complexes qu’il n’y paraît. Derrière un questionnement finalement assez basique, à savoir que sont devenues Dorothée, Wendy et Alice dans leur vie d’adulte, il propose une fable érotique pétrie de psychanalyse et de culture.
Ces trois personnages sont les héroïnes de nos mémoires d’enfant. On se souvient de Dorothée marchant sur la route pavée d’or à la recherche du magicien d’Oz, de Wendy s’envolant pour Neverland en compagnie de Peter Pan ou d’Alice de l’autre côté du miroir, à la poursuite du lapin blanc.
Elles se retrouvent vieillissantes, réunies dans un palace autrichien à la veille de la première guerre mondiale, liées par ce rêve de l’adolescence, une vision d’un monde enchanté et étrange qui les a marqué à vie et que l’auteur rapproche de leur premier orgasme.
Filles perdues est un projet familial, Melinda Gebbie, l’illustratrice, étant la femme d’Alan Moore. En découle une complicité entre les auteurs qui transparaît à chaque planche. La composition même des phylactères et la mise en page entraînent le lecteur dans un monde trouble où les repères sont biaisés. La plupart des cases offrent une double, voire une triple lecture, à la fois enfantine, psychanalytique et imaginaire.

Qui plus est, sont incorporés des éléments du réel tels que les œuvres de Mucha, de Egon Schiele ou les ballets de Nijinski, perdant le lecteur dans les volutes de l’art déco et de l’art nouveau. Le dessin quant à lui rappelle un Mattoti tant par le traitement de la couleur que par l’utilisation de pastels et de crayons de couleur.

alice
Alice
L’ensemble donne un ouvrage dérangeant pour notre inconscient, les auteurs nous entraînant derrière le miroir de notre subconscient. Un monde où les codes sont inversés et les fantasmes prennent le pas sur toute logique. L’imaginaire est mis à rude épreuve et les tabous reprennent leur droit sur une société étriquée et formatée sexuellement. Comme il est précisé sur la couverture, le livre est interdit aux mineurs, et ce, tant par le traitement graphique très cru, ne se cachant pas derrière des faux semblants et représentant aussi bien des scènes homosexuelles, que des parties fines ou des masturbations, mais aussi par la portée révolutionnaire de l’ouvrage. Plusieurs lectures sont possibles, intellectuelles, érotiques ou psychanalytiques mais aucune ne peut laisser indifférent.

A noter que le caractère sulfureux et décadent de l'ouvrage a engendré une vive polémique aux Etats-Unis, qui a longuement fait hésiter Delcourt quant à l'édition de ce volume. A ne pas laisser dans toutes les mains.

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