4/10Féroces tropiques

/ Critique - écrit par plienard, le 26/02/2011
Notre verdict : 4/10 - A la recherche de l’Eden perdu (Ecrivez votre critique)

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Arraché au monde féérique de la Nouvelle Guinée, où les indigènes peignent sur leur corps, Heinz von Furlau erre dans l’obscurantisme des tranchées. S’il survit à la guerre, il n’en est pas pour autant sauvé.

En 1913, Heinz von Furlau est embarqué à bord du Kaiserin Augusta IV pour une mission océanographique dans les mers de Nouvelle Guinée. C’est à partir de cette période que Heinz, le narrateur commence son récit. Il va nous emmener dans sa réflexion artistique, de la Nouvelle Guinée jusqu’au tranchée de la Marne où un monde s’est écroulé.


Il entend comment ?
Pinelli au dessin et Bellefroid au scénario sont les auteurs de cet album, pour le moins particulier et très difficile d’accès, sur le peintre allemand Heinz von Furlau. Particulier car les auteurs ont semble-t-il cherché à montré le côté intellectuel de la vie du peintre qui va connaître la beauté magnifique des îles de Papouasie et l’horreur insupportable de la première guerre mondiale dans les tranchées. Ce choc va l’amener à avoir une réflexion complexe sur le lien entre la peinture et la société. Toute cette réflexion est rendue par les dialogues qui ressemblent plus à un monologue philosophique avec quelquefois beaucoup de force – j’ai mal à mon Allemagne – et quelque fois beaucoup de naïveté – la révolution est celle des arts –. Bellefroid nous emmène dans les réflexions de l’artiste complètement déboussolé, arraché à l’Éden qu’il ne retrouvera jamais. Le problème, c’est qu’il semble que l’on n’ait jamais la clé pour comprendre ses pensées qui mélangent Histoire, peinture et politique.

Il conviendrait pour ce type de scénario compliqué d’avoir l’aide supplémentaire du dessin pour vous apporter des réponses. Malheureusement, cette aide ne vient jamais.
No coment !
Pire, il nous enfonce dans l’obscurité. Pinelli nous offre certes un travail tout à fait extraordinaire, relevant plus de la peinture que de la bande dessinée. Mais les cases sont trop petites pour que les peintures dessinées (ou les dessins peints, comme vous voudrez) apportent le secours voulu. On sent bien que Pinelli s’est fait ch... à nous rendre une copie parfaite. C’en est même impressionnant. Pourtant, tout cela reste inefficace. Car la bande dessinée, c’est un scénario et des dessins avec un lien cohérent entre les deux. Les images doivent porter le scénario mais l’inverse aussi. Ici, les deux sont présents, sont d’une qualité exceptionnelle, mais jamais l’un n’apporte à l’autre. Du coup, les réflexions de Heinz restent obscures, tout comme le dessin.

Si vous êtes incollables sur la première guerre, la politique allemande et la peinture du début du XXème siècle, alors peut-être que cet album incroyable est fait pour vous. Sinon, tout ce travail risque de rester incompris. Allez plutôt lire les tuniques bleues. C’est moins cher et plus facile à comprendre.


DR.

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