5.5/10Les Femmes en blanc - Tome 32 - Le chant du panaris

/ Critique - écrit par riffhifi, le 14/01/2010
Notre verdict : 5.5/10 - Here come the women in white… (air connu) (Ecrivez votre critique)

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La fatigue guette autant les auteurs que leurs infirmières... Cauvin semble délaisser la recherche du gag pour privilégier l'anecdote grinçante et le ton désabusé, mais ne parvient pas à sauver l'ensemble de la mollesse.

En ce mois de janvier 2010, Dupuis mise tout sur les couvertures roses. Après Jacques le petit lézard géant, voici venu le tour des femmes en blanc. Mais chacun sait que malgré leur nom, les femmes en blanc portent indifféremment le bleu, le vert... Et manient l'humour noir. Près de 30 ans après leur création, elles s'approchent enfin du tome 33, nombre médical par excellence. A l'instar des petits copains (L'agent 212, Pierre Tombal, Les Psy, toutes scénarisées par Raoul Cauvin), les infirmières dessinées par Philippe Bercovici changent de maquette, un
moyen comme un autre de faire oublier l'essoufflement des gags eux-mêmes.

Le monde hospitalier, bien qu'il ne soit pas toujours à la hauteur de son nom, est un réservoir à histoires impressionnant. Inépuisable ? Peut-être, mais force est de constater que les anecdotes finissent pas s'organiser autour de quelques grands thèmes récurrents, et que 32 tomes sont largement suffisants pour faire plusieurs fois le tour de chacun d'entre eux. Contrairement aux autres séries de Cauvin, Les femmes en blanc ne se concentre pas sur un personnage ou un duo central ; quelques figures reviennent d'album en album, mais on serait bien en peine de citer les noms ou les traits de caractère marquant des membres de ce personnel soignant. De même, on ignore la localisation de hôpital, ses éventuelles spécialisations... L'univers de la série est délibérément expurgé de toutes ces précisions, afin de ne présenter que des saynètes universelles, répertoriant les problèmes ou les incongruités auxquels sont confrontés les infirmières et les patients. Maladies bien sûr, mais également désagréments matériels (les chambres doubles), piètre nourriture (Eels en a même fait une chanson)... Le tout saupoudré de petits clins d'œil (allusion à un album précédent, introduction d'un
personnage appelé Lambil comme le dessinateur des Tuniques bleues...)

Très nettement, la volonté de faire rire a progressivement quitté le duo Cauvin-Bercovici : la plupart des histoires relatent des faits ou évoquent des réalités qui leur tiennent visiblement à cœur, et s'avèrent parfois méchamment sinistres (le type qui veut faire don de son corps à la science, la mamie centenaire qui préfèrerait être morte, etc.), mais débouchent le plus souvent sur des chutes invraisemblablement plates et dénuées d'inspiration. L'évolution du ton aurait sans doute gagné à être assumée, mais ce grand écart entre la préservation de l'apparence d'une série d'humour et son manque flagrant de réelle velléité zygomatique fait de ce nouveau tome des Femmes en blanc une cruelle déception. L'an prochain, dira-t-on 33 ?... Ou ce Chant du panaris constitue-t-il un chant du cygne ?

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