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La Femme accident - 2ème partie

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par - le 19/11/2009

Le scénariste Denis Lapière aime alimenter la collection Aire Libre de Dupuis. Il s'y emploie depuis une dizaine années maintenant, avec une grande variété de tons et de sujets. Après avoir sorti début 2009 le premier tome de L'impertinence d'un été avec Ruben Pellejero, il clôt le beau récit commencé l'an dernier avec Olivier
Grenson : La femme accident.

La première partie laissait en suspens bon nombre d'interrogations : de quoi Julie est-elle accusée ? qu'a-t-elle fait après avoir quitté la ville de son enfance ? quelle sera l'issue du procès qui menace de la séparer complètement de son fils Mathias ? Cette suite et fin se fait fort d'apporter toutes les réponses. On peut même dire que la plupart des évènements importants ne surviennent que maintenant, là où l'album précédent dressait plutôt un portrait de l'héroïne afin de mettre en parallèle son enfance à Charleroi et son présent en prison. Son amour problématique avec Théo l'a menée à l'accident, puis à la fuite. Il lui reste à se construire une identité pour pouvoir revenir sur ses pas, et faire face à... la suite du drame ? Décidément, la vie de Julie n'est pas facile.

Si le mélo passe aussi bien, c'est en grande partie grâce au dessin et aux couleurs de Grenson : doux et expressif, riche en teintes subtiles, le visuel du diptyque rend l'univers crédible et accessible, il donne envie de se projeter dans la salle d'audience pour y suivre les délibérations, et de partager la cellule de Julie pour écouter ses confessions. Des confessions trop intimes pour être narrées autrement qu'en voix off, et c'est ce qui risque de la perdre face à un jury qui a besoin de faits.
Secrète, blessée, elle ne peut compter que sur sa sincérité et son envie de retrouver son enfant. Les personnages autour d'elle, à défaut d'échapper complètement aux stéréotypes (le vieux beau, le jeune con...) sont dépeints avec une certaine nuance : aucun n'est totalement mauvais ou nul, mais beaucoup sont égoïstes, irresponsables ou involontairement méprisants, et l'héroïne ne doit son salut qu'à une grande force de caractère. Etonnamment sensible et féministe pour une bande dessinée signée de deux hommes - mais après tout, Punisher War Zone a bien été réalisé par une femme.

Aussi fouillée dans son scénario que dans ses décors (prenez le temps de scruter les cases - on trouve même un clin d'œil à l'album de Spirou Panade à Champignac), cette deuxième partie termine avec talent une histoire touchante et humaine.

riffhifi riffhifi [7.5/10]