6/10Factory - Volume 2

/ Critique - écrit par riffhifi, le 24/02/2008
Notre verdict : 6/10 - L'usine agace (Ecrivez votre critique)

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Ce deuxième volet de Factory confirme ce qu'on pensait dès le premier : Yacine Elghorri manque d'un scénariste. Mais l'univers façon Métal Hurlant est convaincant.

Après Force Rouge, voici Force Jaune : Yacine Elghorri aime les couleurs primaires pour les couvertures de sa série Factory. Celle du troisième et dernier opus sera-t-elle bleue ? Ne soyons pas mesquins en insinuant que ce choix de couleurs est à l'image du scénario, on nous accuserait avec raison de faire du mauvais esprit ; en revanche, on peut s'étonner du décalage entre ces couvertures aux teintes agressives et les planches de l'album, entièrement dans les tons ocres chers aux décors sableux du genre post-apocalyptique. Un univers que Elghorri maîtrise à fond, payant toujours un hommage respectueux au défunt magazine Métal Hurlant.

L'histoire, un peu confuse, tourne autour de quelques hommes perdus dans le désert - dont certains ont des têtes de porc, d'usines dans lesquelles on découvre un terrible secret (on s'en doutait un peu), de robots-têtes qui font la sécurité... Hamactory
Hamactory
Bien qu'on progresse un peu par rapport au tome précédent, le récit paraît être le dernier souci de l'auteur, qui préfère se consacrer au fignolage de ses dessins, livrant quelques visions cauchemardesques de derrière les fagots. Yacine Elghorri le dit lui-même dans son interview en fin de volume : « Je ne me considère pas comme « un auteur », mais juste comme un dessinateur. Je n'écris pas, j'imagine simplement des scènes. » C'est peut-être là que le bât blesse, non ? Mais attendez : une interview en fin d'album ?! De l'auto-promotion sauvage, en quelque sorte, une façon facile de se faire mousser sans aller chercher trop loin... Ce qui serait pardonnable, étant donné le côté instructif du bonus, s'il n'était pas également un cache-misère destiné à compléter un épisode ultra-court, comme son prédécesseur (qui était agrémenté de crayonnés remplissant le même but). L'album, annoncé comme contenant 48 pages, contient en réalité 29 planches de bande dessinée ! Pour trouver le nombre fatidique de 48, il faut compter toutes les pages, y compris la couverture (quatre pages) ! On n'est pas loin de l'arnaque, qu'on ne pardonnerait que si les 29 pages étaient un concentré étourdissant d'idées et de virtuosité, ce qu'elles ne sont malheureusement pas. On soupirera même sur la quantité non négligeable de fautes d'orthographe qui ont passé les mailles de la relecture (« je serai crevé et jeté dans une fausse commune » : il y a peut-être un jeu de mots qui m'a échappé...).

Le but ici n'est pas de dénigrer la série ni le travail de Yacine Elghorri (6 / 10, ça veut quand même dire que ça se lit sans déplaisir), mais de pointer les faiblesses d'une démarche à la limite de la malhonnêteté qui consiste à se passer de scénariste quand on admet en avoir besoin, et de proposer trois albums de 30 pages quand on pourrait en sortir deux de 45... Et si on s'attaquait à une suite de Gunman, plutôt ?

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