10/10Fables Amères - Tome 2 - Détails futiles

/ Critique - écrit par Valentin Pick, le 03/04/2019
Notre verdict : 10/10 - Le plaisir de lire un album en tout point parfait ! (Ecrivez votre critique)

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Les silences et la qualité graphique n'auront jamais su mieux servir les histoires.

Avec Détails futiles Christophe Chabouté signe le second volume des Fables Amères. Les onze histoires présentées au travers des 104 pages de l’album sont autant de scènes de vie ayant un léger goût de la série Black Mirror.
Que ce soit un raciste face à sa propre bêtise par temps pluvieux ou encore un jeune homme aveuglé par son écran, chaque histoire saisit avec justesse l’humain dans ce qu’il a de plus navrant.
Fables Amères Tome 2, planche 1.

 


Il n’est pas nécessaire de faire l’éloge du travail de l’auteur tant il est désormais reconnu des grands lecteurs de bandes dessinées. Ses illustrations en noir et blanc sont toujours un régal pour les yeux. En quelques cases les personnages nous semblent familiers. Ce talent est particulièrement remarquable avec le diptyque Moby Dick qui a, par ailleurs, été couronné par de nombreux prix. J’avais eu un coup de cœur particulier à la lecture de l’imposant album de 368 planches Tout Seul. Cet ouvrage dessiné est un objet à part dans le vaste monde du neuvième Art. Une grande sensibilité se dégage de l’album tout en gardant une qualité graphique et une fluidité du découpage témoignant de tout le talent de l’auteur. Oui, j’apprécie grandement le travail de Christophe Chabouté ! Cela est pourtant à double tranchant. À chaque parution on se dit qu’il ne sera pas possible de mettre la barre plus haute. Pourtant tout nouvel album de l’auteur prouve le contraire, il est possible de surprendre encore.
Fables Amères Tome 2 ne fait pas exception : c’est un ouvrage brillant sur tous les points. On retrouve cette sensibilité présente dans toute la bibliographie de Chabouté. Les détails perdent leur côté anecdotique lorsqu’ils prennent vie dans les pages de la BD. Aussi néfastes que puissent être les comportements décrits, on ferme l’album avec un regard nouveau sur le monde.
Au-delà de l’histoire, il me semble important de souligner le travail de mise en scènes qui permet de rendre vivant ce qui n’est rien d’autre qu’un trait sur du papier. Le découpage dans cet album est une prouesse à bien des égards. On traverse du regard les pages sans même se rendre compte des innovations de l’auteur afin de faciliter les transitions d’une case à l’autre. Ci-dessous un petit exemple issu de la page 58. L’ombre mettant en évidence le personnage descendant l’escalier dans la case une correspond à l’angle que décrit l’escalier dans la case suivante. L’œil glisse avec aisance d’une case à l’autre en suivant la diagonale de l’escalier grâce à la symétrie des zones d’ombre sur les deux cases.
Fables Amères Tome 2, page 58.

 



Amateur ou non de bande dessinée, cet album est fait pour vous. Cela fait le plus grand bien de se retrouver avec une bande dessinée de cette qualité entre les mains. Le moment de lecture est des plus agréables et en fermant le livre on regrette seulement qu’il n’y ait «que» onze histoires. Pour certain la perfection n’est pas de ce monde, je prends tout de même le parti de mettre la note maximale pour cet album.

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