8/10Il était une fois en France - Tome 4 - Aux armes, citoyens !

/ Critique - écrit par athanagor, le 27/11/2010
Notre verdict : 8/10 - Le prix de la liberté (Ecrivez votre critique)

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Si les trois premiers tomes nous parlaient de l'occupation, celui-ci amorce la libération. Mais il semble que cela ne change rien, ni aux affaires de Joanovici, ni à la qualité de l'ouvrage.

Une fois de plus, Joseph Joanovici va devoir faire preuve d'inventivité pour se sortir d'une situation périlleuse. Mais cette fois-ci, il s'agit des alliés qui s'approchent à grands pas de Paris. Pourtant, les nazis ne sont pas encore hors du coup et c'est sous cette double menace qu'il va devoir évoluer. Pas le temps de coudre
Pas le temps de coudre
On assiste donc à de nouvelles mises en place de stratagèmes tordus et dégueulasses qui vont lui permettre de se sortir du marasme sans trop de cicatrices. Et c'est la conjugaison de l'inventivité du bonhomme et de l'habitude qu'on a pris de le voir faire qui finissent par susciter une certaine sympathie à son égard.

Nury et Vallée portent, dans leur traitement, comme un regard indulgent sur leur personnage qui, sans la guerre, aurait certainement fini petit bourgeois de province, sans autres tâches sur l'honneur que la perte de ses concurrents commerciaux. De plus en plus, une image de survivant se dessine où n'apparaissent pas les traits d'un profiteur, mais ceux de quelqu'un qui, lassé de fuir, utilise l'argent pour s'en sortir. Ce regard indulgent, ils finissent par le faire partager malgré les agissements odieux de Joseph, dont il partage d'ailleurs la responsabilité avec d'autres protagonistes. Joanovici est bel et bien une salope, mais le contexte ne lui en laisse guère le choix. S'il veut vivre et sauver les siens, il doit l'être. On comprend cela d'autant mieux que cet opus opère le passage d'une occupation à l'autre, des nazis aux FFI. Les moments de la libération de Paris sont d'ailleurs un enchevêtrement de scènes de liesse et de torture, où les coupables pourraient tout aussi bien avoir été tirés au sort. Ce sentiment s'installe aussi par la fin de la traque de Lafont, et son face-à-face final avec Joanovici qui finit d'enfoncer le clou. La logique y est simple mais habile et résume tout ce qu'on a lu jusqu'à présent.

Une fois de plus, les auteurs brillent aussi par la mise en scène. L'enchaînement des situations et le montage des divers stratagèmes destinés à s'en sortir coûte que coûte (et c'est le cas de le dire) offrent un brillant décryptage du cheminement intellectuel d'un survivant. Bien qu'il ait toujours un coup d'avance sur les autres, il emporte le lecteur avec lui et on comprend tout, on ressent tout, de la logistique au psychologique. On ne peut alors se débarrasser d'un fort sentiment empathique envers un homme qui, bien que ne sachant pas lire, sait que celui qui écrit l'histoire, c'est le vainqueur, et que la victoire, ça coûte cher.

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