6.5/10Ernest & Rebecca - Tome 2 - Sam le repoussant

/ Critique - écrit par athanagor, le 11/07/2009
Notre verdict : 6.5/10 - Allopathie bobo... (Ecrivez votre critique)

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Le deuxième tome de cette série sympathique essouffle un peu le sujet du divorce et lasse donc un peu son lecteur. Pourtant, la conclusion laisse entrevoir un tome 3 bien plus inspiré.

C'est un jour de chasse à la grenouille que Rebecca a rencontré Ernest. Lui, c'est le microbe qui la rend malade et lui tient compagnie. Les contre-parties à l'entretien de cette amitié sont toutefois un peu raides, car Rebecca doit sans cesse se maintenir dans un état maladif ; la moindre parcelle de bonne santé affaiblit Ernest et l'éloigne de la petite fille. Alors Rebecca se fait une raison, et se trouve même plutôt contente, à l'inverse de ses parents et du docteur Fakbert, d'être continuellement malade. De plus, elle ne peut pas se permettre le luxe d'être en bonne santé : depuis peu la mère de Rebecca fréquente un certain Sam, à n'en pas douter un vilain virus, qui contamine doucement mais sûrement sa maman, pour l'éloigner encore plus de son papa. Pour affronter cette menace, déjà annoncée dans le tome 1, Rebecca, Nemesis
Nemesis
sous les directives expertes d'Ernest, va suivre un entraînement de microbie, pour apprendre à être aussi forte et retorse que son copain à membrane verte.

On retrouve dans cet album la menace du petit copain de la maman, menace autour de laquelle quasiment tout l'album est brodé. Il y a bien une sorte de variante avec la romance naissante et parallèle de la grande sœur, pour tenter de diluer un peu ce thème central, mais Bianco ne l'utilise qu'assez sporadiquement, et toujours dans l'idée d'un abandon progressif de Rebecca par sa famille, qui s'émancipe. Ce sont donc bien des menaces qui gravitent autour de cette maison, des menaces masculines, que seuls le père et Ernest le microbe semblent aptes à neutraliser partiellement. Mais ces menaces ne sont pas si terribles, et la rencontre avec Sam laissera finalement Rebecca dans un état de perplexité certain, toutes ses craintes issues de son imagination débridée s'atténuant face à la réalité.

Le principe de la BD se décline toujours en saynètes courtes, entre une et quatre pages, presque toutes orientées vers cette confrontation finale. Et si Bianco sait parfois faire preuve d'un grand sens humoristique et certainement de poésie, il lui arrive aussi de faire de l'inutile. Ainsi quelques pages sont si anodines et dénuées d'intérêt qu'on se demande s'il n'a pas été question, à un moment donné, d'atteindre les 48 pages, coûte que coûte. Il y a même des moments où on traîne sérieusement la patte et où les sourcils se haussent. Mais il faut aller jusqu'au bout, même en militant pour un élagage en règle, car cette BD qui parlera aux enfants de parents divorcés (leur permettant de verser leur fiel sur les nouveaux arrivants, avant de constater que ceux-ci ne sont pas que des monstres), se termine en relançant véritablement l'intérêt pour un prochain tome : une fois les histoires de cœur passées, la dernière planche laisse espérer une suite et un tome 3, un peu débarrassés de la couche de malaise familiale qui enveloppe toute histoire de séparation. Catharsis
Catharsis
De plus, cette conclusion, qui crée la surprise, permet de donner un semblant d'explication, un peu féérique, à tous ces mots de biologie que la petite fille arrive à placer avec justesse dans la bouche de son partenaire imaginaire.

Toutes ces histoires, toutes ces situations, sont encore une fois illustrées par ceux dont on peut continuer d'apprécier avec un certain respect le travail. La paire Dalena - Guimento qui, ayant fait ses armes chez Mickey, donne encore l'impression qu'on regarde des photos tirées d'un film d'animation. Le résultat donne évidemment à l'ouvrage un dynamisme et une mobilité réels, comme on pouvait déjà l'apprécier sur le premier tome, mais également dans Sybil, la fée cartable. De plus, l'alternance de traits simples et de riches détails, mélangés dans ce même style, font que les illustrations de Dalena disposent d'un grand éventail expressif, très justement utilisé quand le propos s'y prête.

Bref, il ne s'agit pas encore d'une totale réussite pour cette BD. Le concept du divorce, bien présenté et exploité avec talent dans le tome 1, commence sérieusement à tourner court. Mais cette période semble révolue et il est fort à parier que la machine tournera à plein dans le tome 3, entre un Bianco qu'on sait capable d'être excellent et « questo paio azzuro », toujours en forme.

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