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8/10Envoûtantes chimères

/ Critique - écrit par Maixent, le 10/05/2014
Notre verdict : 8/10 - Centon érotique (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Un panel assez large de l'univers de Milo Manara allant de l'humour au pamphlet mais toujours avec un brin d'érotisme.

Inutile de revenir sur la vie et l’œuvre de Milo Manara, référence absolue de la bande dessinée érotique grâce au Parfum de l’Invisible ou Le déclic. Au-delà de ces œuvres incontournables, l’auteur a tout au long de sa vie participé à divers travaux de moindre ampleur mais gardant la même qualité graphique et narrative. En effet, ce sont quatorze histoires courtes qui sont proposées ici, tour à tour drôles, érotiques ou engagées.

La première par exemple est dans le registre comique. Une seule planche, seulement trois cases. On la dirait sortie tout droit de la quatrième de couverture de Fluide Glacial avec un personnage outrancier et un gag purement visuel jouant sur la perspective, le second plan passant soudainement au premier d’où un décalage propre à la bande dessinée ou au dessin animé.


Barbarella
Nous retrouvons ensuite quatre histoires qui sont des hommages directs à plusieurs artistes. Le premier, à Hugo Pratt, est un très beau récit dont Raspoutine est le narrateur. Les personnages que l’on a pu croiser dans Corto Maltese sont dans une sorte de limbe, attendant le retour du héros qui est celui par lequel ils existent. On croisera aussi un violoniste de Chagall symbole joyeux de la destruction du mur de Berlin en 1989. Un hommage à Forest et sa Barbarella, considérée comme la première héroïne pour adultes et ayant eu plusieurs déboires avec la censure, ce qu’illustre parfaitement Milo Manara en faisant comparaitre Barbarella face à l’Inquisition. Enfin et plus surprenant, une romaine sexy mettant Astérix et Obélix au tapis, excédée d’avoir à récupérer ses fiancés passablement amochés.

Un très bel exercice également, l’illustration d’une échange épistolaire (réel ou inventé, peu importe) entre une femme confiant ses désirs et ses angoisses à l’auteur à travers des lettres anonymes. Les lettres sont très courtes, quelques mots d’une sincérité absolue d’une femme entre la souffrance et le plaisir, vivant
Elle sont folles ces romaines
pleinement ses fantasmes et les exposant sans pudeur et sans vulgarité non plus. On entre dans son intimité et ses fantasmes exhibitionnistes qui lui servent de catharsis pour exorciser ses angoisses. Le dessin de Manara se prête parfaitement à ce genre d’exercice, sans paroles, juste illustrant le texte, offrant une vision fantasmée de ces lettres anonymes, leur rendant hommage dans un travail commun sans contact.

Les autres histoires sont tour à tour oniriques, politiques ou d’inspiration biblique, montrant un large panel de l’imaginaire érotique de l’auteur. Entre travaux de commande et amusement, Manara propose une histoire de l’érotisme mise en image par une très belle frise chronologique montrant l’évolution de l’Homme à travers les âges et insistant sur les deux points forts de l’humanité, le sexe et la violence.

Sans apporter le plaisir d’un album complet et réfléchi, Envoûtantes Chimères permet de mieux cerner les différentes facettes d’un artiste immanquable à l’univers riche et de mettre en avant la diversité de ses centres d’intérêt.

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