4.5/10Une Enquête du commissaire Crémèr - Tome 2 - Crémèr et l'enquête intérieure

/ Critique - écrit par riffhifi, le 22/02/2009
Notre verdict : 4.5/10 - Crémèr médite suranné (Ecrivez votre critique)

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Le vieillot commissaire Crémèr n'aime pas trop les beatniks, leur mode de vie ni leurs cheveux longs. S'agirait-il de la réédition d'une bande dessinée hippie des années 60 ou 70 ? Ah ben non, à l'époque Bruno Cremer n'était pas l'interprète de Maigret.

Après un premier tome sympathique à parcourir mais vite oublié, David Vandermeulen et Daniel Casanave font faire une nouvelle sortie à leur personnage inspiré de Bruno Cremer et de son interprétation du commissaire Maigret. A vrai dire, il ne lui emprunte que son nom et son apparence, puisque les aventures qu'il vit avec son adjoint Lucas Georges (héhé) n'ont rien à voir avec les enquêtes imaginées par Georges Simenon.

Ici, Crémèr et son petit assistant, escortés de leur chienne Jessica (une vraie chienne, le vrai animal, n'allez pas imaginer de triolisme dégueulasse), sont vroum vroum
vroum vroum
chargés d'arrêter un groupe de rock psychédélique grand-briton, les Slap Matching (originellement appelés Slap Machine par les auteurs, à en croire cette case grossièrement retouchée de la page 6). On comprend mal la raison pour laquelle ce groupe en particulier doit finir derrière les barreaux (la fille du bourgmestre de Seraing fait partie des choristes, mais le fait semble déconnecté). Le duo de policiers se dirige donc vers les Pays-Bas, où ils tenteront d'infiltrer les hippies tout en surmontant l'épreuve sacrée du spice cake.

L'album contient essentiellement deux axes de narration : d'une part Crémèr a mal aux dents, ce qui occasionne quelques scènes oniriques (de jolies hallucinations absurdes) ou douloureuses (la scène du dentiste, vue mille fois en mieux) ; d'autre part il crache son dégoût des jeunes rebelles hippies fumeurs de joints aux trousses desquels il se trouve. Cette deuxième intrigue occupe l'essentiel du récit, et souffre d'un problème de taille : les papys qui condamnent l'amour libre et le rock'n'roll sont une cible trop facile, en plus d'être une espèce quasiment disparue. On peine à voir l'intérêt d'un personnage qui traite les beatniks d' « hirsutes », ou qui rame péniblement à essayer de se faire passer pour un fan de rock. Le récit n'étant pas daté, on ne peut pas le prendre pour un commentaire sur une période muf muf
muf muf
de l'Histoire, d'autant que le ton décalé et absurde en fait clairement une pure fiction fantaisiste. Il ne reste plus dès lors qu'à se satisfaire de voir systématiquement humilié le commissaire ringard, soumis à diverses épreuves supposées faire évoluer sa mentalité rétrograde. A l'arrivée, le personnage reste pourtant le même, c'est-à-dire un gros bonhomme un peu con sans réel rapport avec Bruno Cremer ni Jules Maigret. Un peu comme si une BD appelée Clint Eastwood mettait en scène un sosie de Clint, exerçant la profession de fleuriste et occupant sa journée à manger du chou bouilli.

Du point de vue de la réalisation, on note tout de même une belle parenthèse muette de huit pages sur le trip des deux policiers soumis aux effets du spice cake : les couleurs de Patrice Larcenet accompagnent intelligemment l'image, enrobant les personnages de rose pendant la première étape de bad avant de les rendre eux-mêmes roses lorsqu'ils deviennent euphoriques. On ne peut pas dire pour autant qu'on ressorte de l'album en ayant l'impression d'avoir été peints en rose.

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