ATTENTION : CONTENU RESERVE A UN PUBLIC AVERTI

Les images et textes à caractère érotique, pornographique ou violent contenus dans cette page peuvent choquer certaines sensibilités. En consultant cette page, vous attestez être majeur au regard de la loi française et vous prenez vos responsabilités par rapport à son contenu.

CONSULTER QUITTER

6.5/10Ember - La chaleur du Phoenix

/ Critique - écrit par Maixent, le 11/08/2019
Notre verdict : 6.5/10 - This girl is on fire (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Un comic sexy mais trop court

Christian Zanier présente une nouvelle héroïne. Connu pour son travail sur Buffy contre les Vampires ou son œuvre érotique trash façon Quentin Tarantino porno, Banana Games ou Honey Lickers Sorority, on le retrouve là dans le registre super-héroïque dans la pure veine de DC ou Marvel mais avec beaucoup moins de vêtements.


Avec

 

En parlant de fringues, si l'on reprend les codes vestimentaires des comics, on reste bien dans le sexy, les tenues moulantes et les formes généreuses mises en avant. Ici, c'est juste fait avec beaucoup plus de franchise et le but de montrer des filles nues est clairement avoué. La combinaison d'Ember, censée contenir son pouvoir et lui éviter d'imploser est surtout un moyen de mettre en avant sa plastique avec des échancrures, notamment au niveau du sexe et des cuisses que peu avaient osé jusque là (exception faite de Vampirella). Mais comme si cela ne suffisait pas, l'album se répète, c'est-à-dire que l'on retrouve une version quasi complète de l'histoire juste à la suite, cette fois si sans vêtements du tout. Ce qui, au-delà des notions de sexisme évidente (les femmes sont nues mais pas les hommes), est aussi une forme d'arnaque pour le lecteur. Déjà on perd toute crédibilité, la combinaison avait un sens dans le récit malgré sa ressemblance avec un bikini, et aucune héroïne n'irait combattre ou irait en réunion avec le chef de l'état major totalement nue. Ensuite on se sent spolié car finalement, l'album de 184 pages ne comporte qu'une histoire de 70 pages environ, le reste étant consacré à cette version "à rayon-X" et à une riche galerie de couvertures alternatives. En bonus, la scène de sexe de l'album, reprise également, est plus hard, avec plus de sperme, plus de sueur, et un anus plus défoncé. Mais tout cela est il vraiment utile ? D'autant que l'histoire et le fond sont plutôt réussis.
Sans

 

Ember a acquis ses pouvoirs dans un accident d'avion et son côté fille à papa instagrameuse, habituée à vivre dans le luxe et la frivolité, la pousse à devenir une héroïne avec une certaine nonchalance et beaucoup de "m'as-tu-vu". Or, comme c'est souvent le cas dans les comics, lors de ce fameux accident, sa Némésis a aussi vu le jour en la personne d'une hôtesse de l'air, qui, elle, a choisi le côté obscur. Car si Ember maîtrise le feu à l'instar de Johnny Storm dans Les 4 fantastiques, et a gardé son côté sexy et people, l'autre est plus proche de La Chose, l'aspect caillouteux en moins. On assiste donc à un combat d'image, hyperbolique et manichéen, qui engendrera des dizaines de mort et fera prendre conscience à Ember de sa vacuité. On se questionne donc sur la question métaphysique de ce qu'est être un héros, présente également dans la saison 3 de Jessica Jones, à savoir quels sont les limites de l'héroïsme et les méthodes adéquates pour l'appliquer. SI Ember avait été moins imbu d'elle même, peut être tous ces morts auraient été évités mais si elle ne s'était mise en avant pour contrer sa rivale, peut-être y  en aurait il eu plus. On est donc face à une vraie problématique et des personnages qui évoluent, se remettent en question dans un monde complexe. Rien de bien nouveau dans ces réflexions  propres aux comics mais cela tient parfaitement l'histoire et permet au lecteur de s'attacher. L'histoire se met en place avec des protagonistes intéressants et on a hâte de lire la suite. 


Combat de feu

 

Au niveau de dessin c'est plutôt réussi également. Christian Zanier fait partie de ces auteurs qui utilisent l'informatique à bon escient pour appuyer leur dessin, lui conférant un aspect numérique de qualité. Notamment pour le rendu du feu et des volumes. Qui plus est, il a un sens du mouvement et des postures qui convient parfaitement à une série d'action comme celle-ci. Et bien sur cette fascination pour les corps et le choix de mettre en avant des personnages sexy. Il y a des clichés qui fonctionnent toujours et un combat entre une brune taille mannequin, et une blonde bodybuildée mesurant trois mètres de haut, graphiquement ça marche. 

Au final, la bande dessinée en soit est bien mais le travail éditorial est un peu décevant tant on se sent arnaqué. C'est excitant, intelligent dans le genre, avec beaucoup d'action. Une vraie héroïne de comics avec ses failles et ses apprentissages. Notamment ne pas se faire voler son portable quand on est connue mondialement et que l'on a fait une sex tape, mais cela va obliger Ember à engager deux détectives sexy de l'agence Lookers, que l'on découvrira mieux dans le deuxième tome à suivre. 

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse