6.5/10Elysée République - Tome 2 - Immunité présidentielle

/ Critique - écrit par riffhifi, le 02/05/2008
Notre verdict : 6.5/10 - Elisez-le et lisez-le (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

L'étau se resserre dans ce deuxième tome. Bons sentiments et clichés sont de la partie, mais la série a un bon fond, et peut s'envoler dans le troisième opus.

Après un premier tome en forme d'introduction, qui avait su trouver son public malgré une promotion bizarrement axée sur l'aspect "réaliste" de la série (c'est plus proche d'un Largo Winch que d'une séance de l'Assemblée Nationale, à choisir deux extrêmes), Elysée République développe efficacement son intrigue dans ce second volet entrecoupé de flashbacks. On peut faire pas mal de reproches à la série, mais les auteurs sont animés des meilleures intentions et savent tricoter quelques vrais moments d'émotion.

Constant Kérel, avec son charisme et ses idées avant-gardistes, commence à sérieusement inquiéter le Président de la République en place, qui est déjà suffisamment perturbé par les mouvements sociaux néo-Mai 68 qui grondent, et voit en son concurrent un danger pour ses fesses et pour (dit-il) la France. Evidemment, chacun son point de vue, celui de Kérel étant d'un centrisme plutôt sain qui rappelle celui d'un candidat
récemment passé à côté de sa chance. Mais si l'Elysée veut sa peau, il lui faudra trouver une parade pour sauver sa famille... ou du moins ce qu'il en reste, sa femme Eva ayant rendu l'âme.

Alors forcément, on peut trouver que l'intrigue joue la carte du roman de gare là où la promo annonçait du réalisme, mais on appréciera néanmoins la capacité de Rémy Le Gall à glisser adroitement quelques éléments de droit et deux-trois subtilités de rouages politiques entre une explosion et un coup de boule, sans pour autant les faire paraître incongrus ou plomber le récit. On peut trouver le dessin un peu fade et figé, lui reprocher un manque de relief et une colorisation sans grand caractère ; c'est un dessin réaliste qui prend le parti de s'effacer devant le récit, de le servir sans se faire remarquer. On peut pointer du doigt une propension au racolage et à la facilité, avec son héros top beau et ses quelques nanas provocantes ; c'est incontestable, les auteurs veulent mettre dans leur poche les amateurs de divertissement populaire à la sauce sexe+violence (on note un clin d'œil à Basic Instinct page 21). Mais en fin de compte, le but paraît être de faire passer un gentil message à base de tolérance, de courage et d'incitation à tâter de la politique directement plutôt que de la considérer comme une culture lointaine pratiquée par des papys. Comme référence
cinématographique, l'album ne cite pas seulement Basic Instinct, mais également Z de Costa-Gavras (page 27)... On regrettera pourtant par moments que Rémy Le Gall maîtrise mieux les notions politiques que la langue française (« égailler » n'a pas le sens qu'il lui prête, « causer la vie d'un enfant » n'est pas une action répréhensible...).

Elysée République, deuxième du nom, remplit-il son contrat en termes de divertissement ? Plutôt, oui, grâce à une narration enlevée à base de scènes présentes et passées mises abruptement en parallèle. Et la dernière scène est suffisamment forte pour donner une vraie envie de lire le tome 3 en préparation, titré Echelon présidentiel. Sans pour autant se dire qu'on tient là un indispensable...

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