7/10E Cube

/ Critique - écrit par plienard, le 12/12/2009
Notre verdict : 7/10 - La vérité dans la peau (Ecrivez votre critique)

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Il faut quelquefois se poser des questions quand tout semble trop beau. C'est ce que va faire Vanessa Key quand elle va se couper le doigt.

Dans la cité futuriste d'Eidos, composée d'un milliard d'habitants, les robots sont EIDOS
EIDOS
devenus indispensables. Dans ce monde à priori idyllique, l'avocate Vanessa Key a la volonté d'élever ses enfants sans l'aide des machines. Lorsqu'un jour, en se coupant le doigt, elle se rend compte qu'elle n'est plus humaine !

E Cube est la refonte colorisée du manga Underskin (2 tomes), paru en mai et octobre 2007. Les éditions Humanoïdes associés ont la bonne idée de sortir ce manga dans un format plus classique qui correspond plus au standard européen. Cette version devrait toucher un public plus large et différent.

L'histoire porte donc sur une machination de grande envergure contre la race humaine. Mais dans quel but ? Exterminer la race humaine ?


Le scénario d'Andrea Iovinelli est somme toute classique : une puissante corporation commerciale (la Geld) qui complote, un laboratoire (UMASIM) qui fait des expériences secrètes, un savant (professeur Nakamura) qui devient incontrôlable, un flic intègre (inspecteur Sam Baron), une population docile. Tous les ingrédients sont présents et bien assaisonnés pour que la sauce prenne. Un petit bémol cependant. On a quelque peu de mal à suivre la chronologie de l'histoire. Les flash-backs sont nombreux. Ils sont censés apportés un éclaircissement mais les transitions sont floues. L'auteur n'a pas voulu nous indiquer de date précise (une volonté originale) mais du coup on se perd dans la continuité de l'action (quelques minutes plus tôt, dix jours plus tôt, un mois plus tard, de nos jours...).

De plus les personnages (masculins) se ressemblent beaucoup. On a du mal à les reconnaître et le sentiment de perdition se renforce. Au-delà de ça, peu à peu on arrive à rentrer dans l'histoire. On commence à appréhender la psychologie des personnages. L'histoire est au service du dessin et inversement. Une fois que l'intrigue est en place, on se sent plus à l'aise et on entrevoit l'énorme complot qui se trame.


Le dessin de Massimo Dall'Oglio est agréable. C'est un dessin dans le plus pur style manga, notamment dans l'expression et la mise en action des personnages. Mais cela correspond bien au style de l'histoire : personnage japonisant dans une mégalopole style Metropolis. La colorisation (signée Nicola Righi) vient aussi aider le propos de l'histoire. Des couleurs douces, comme un halo de lumière pour suggérer le monde parfait, pour éblouir et cacher l'envers du décor. A mesure que l'on progresse dans l'album, ce halo disparaît : la vérité est en train d'apparaitre.

On peut aussi y voir la critique d'une société qui accepterait tous les progrès sans forcément en voir les conséquences : dépendance aux machines, perte de son libre arbitre, abandon de ses responsabilités (comme l'éducation de ses enfants). Mais quand cette société se réveillera, ne sera-t-il pas trop tard ? Pour cela, il faudra attendre la suite pour connaître l'avis des auteurs.

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