5/10Les Druides - Tome 4 - La Ronde des Géants

/ Critique - écrit par athanagor, le 21/07/2008
Notre verdict : 5/10 - Gwenc'lhan 007 (Ecrivez votre critique)

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Le quatrième tome de cette série de thriller soi-disant alto-médiéval nous berce gentiment par la lenteur de son rythme et le mystère de ses références.

La cité d'Is se casse la bobine dans la « mor », car la lance de Lug qui la protégeait a été retirée de ses entrailles. Le Dieu unique déchaîne alors les eaux contre l'hérésie de tous ces païens moyens qui refusent de porter la bure et de leurs grognasses qui se promènent à moitié à poil. Nom d'un blasphème, c'en étaitLe style irréprochable de Lamontagne
Le style irréprochable de Lamontagne
trop !

La lance perdue dans la « mor », entre les mains de Dahud la belle rebelle, qui commence alors une carrière de sirène hantant la baie de Douarnenez, Gwenc'hlan le druide (qui doit en vouloir à M. et Mme Ledruide de lui avoir choisi ce prénom) et son disciple Taran se mettent en quête du chaudron de Dagda. En compagnie de leurs potes, des curés light ayant choisi l'option assimilation des croyances locales pour évangéliser le coin, ils partent pour l'île de Bretagne, sur les traces de la ronde des géants, que certains pauvres nazes incultes appellent Stonehenge.

Pour le quatrième tome d'une des séries princeps de la collection Soleil Celtic, le Tu veux tâter du Beretta le moine ?
Tu veux tâter du Beretta le moine ?
scénariste Jean-Luc Istin, qui dirige la collection, et ici en collaboration avec Thierry Jigourel, continue son bonhomme de chemin sur les traces des artefacts celtes, dans ce contexte de l'évangélisation des contrées païennes au 5e siècle. D'ailleurs, peu importe véritablement le siècle, le centre d'intérêt réside dans la disparition des croyances d'antan et l'anéantissement d'un folklore et d'une culture pour le compte de gars qui ont commencé leurs carrières en se faisant bouffer par des lions à Rome. Que cela concerne le peuple celte, thématique que l'on retrouve également dans l'excellent Les dames du lac de Marion Zimmer Bradley, ou bien les peuplades nordiques, quoique survenant plus tard, on a toujours le regret d'assister au musèlement de croyances au profit d'une plus populaire, et ce souvent d'une manière peu amicale.

Mais qu'en est-il de la teneur de l'ouvrage en présence ? Et bien franchement, ça manque de vitamine et c'est bourré de fibres. L'action évolue mollement au travers de références souvent accessibles par les seuls étudiants en Histoire Celte, qui se Tintagel, c'est beau mais c'est froid !
Tintagel, c'est beau mais c'est froid !
rejoignent chaque fin de semaine à Brocéliande pour réciter des incantations en buvant du jus de hêtre sur les bords de l'étang de Paimpont. Pour ceux dont le hobby consiste uniquement à lire des BD, il va falloir vous y mettre sérieusement si vous voulez capter la substantifique moëlle du bazar. Ainsi, par exemple, de cette nana qui vit seule dans les marais et qui couche avec n'importe qui du moment qu'elle peut le découper en tranches quand il s'endort. Aucune indication sur l'origine de son rituel ou sur cette étrange coutume, et entre nous il vaudrait mieux qu'il y ait une signification parce que ça dure quand même sept pages.

Bref, on est un peu perdu sur ce rythme lent et lénifiant qui contraste atrocement avec l'urgence dans laquelle se trouvent les protagonistes face à la disparition annoncée de leur culture. Ce qui est présenté comme un thriller alto-médiéval, s'avère être plus une exposition romancée des divers cultes de là-bas en ce temps-là, avec les problèmes d'alors... mmmh... ouais...

Plus sérieusement, on sent réellement que le tout se construit sur une volonté de mettre en avant les dessins de Jacques Lamontagne, qui sont certes super beaux et ultra techniques, mais froids et impersonnels que ça en fait mal au cœur, la vérité ! Hormis cette extraordinaire capacité à dessiner Gwenc'hlan sous les traits d'un Sean Connery rappelant vaguement Zérozérosix, et d'autres personnages avec les traits de quelques gueules du cinéma Ce s'rait pas après la Contée ?
Ce s'rait pas après la Contée ?
d'expression anglaise, comme ce moine obtus aux dents sales qui évoque une adaptation esthétisée de Michael Berryman (si tant est que cela puisse être) ou Moridunon en Ian McKellen, on a du mal à trouver de la vie dans cette débauche de détails, et même les personnages hilares donnent l'impression de s'ennuyer.

Cette mise en avant de l'illustration semble être la seule explication logique à la faiblesse de l'intrigue, à l'apathie de son déroulement et à l'obscurité de ses concepts, alors que Jean-Luc Istin nous avait habitué, comme scénariste, à des Mont Saint-Michel de plaisir.

Avis donc aux candidats : si vous reconnaissez en ces lignes les trois tomes précédents que vous acquîtes avec délice, courez à la librairie, sinon regardez plutôt ça.

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