6.5/10Double masque - Tome 4 - Les deux sauterelles

/ Critique - écrit par riffhifi, le 23/12/2008
Notre verdict : 6.5/10 - Masque la Menace (Ecrivez votre critique)

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Fin d'un cycle pour François, dit "la Torpille", dit "Double Masque" (mais pas dit "Falbala" ni "La Praline" ni "Belle Châtaigne", car les gens ne sont pas si méchants). Prochaine étape : Bonaparte sera Napoléon.

Dans la grande bibliothèque des bandes dessinées, au rayon des scénaristes historiques, Jean Dufaux occupe une place de choix : historique avec un petit « h », pour avoir créé des séries aussi importantes que Djinn ou La complainte des landes perdues ; et Historique avec un grand « H » pour le soin qu'il apporte à faire revivre l'empire romain de Murena ou les années 1800 dans Double masque. Martin Jamar, le dessinateur qui vient de fêter ses 49 ans (la veille de la sortie des Deux sauterelles), en est à sa deuxième série en collaboration avec Dufaux, après les huit tomes des Voleurs d'empires de 1993 à 2002.


"... je dois aller me faire un
double masque au concombre"
Le héros du coin s'appelle François la Torpille. Evadé du bagne (on pense à Vidocq, c'est normal), il joue les contre-contre-espions dès que l'occasion se présente, il est à la fois au service du consul Bonaparte et à la disposition de la Fourmi, le mystérieux maître des bas-fonds. Apparaissant pour la première fois à visage découvert sur la couverture de l'album, la Torpille se révèle pourtant un peu absent de ce quatrième tome...

Multipliant les intrigues autour de la montée en pouvoir de Bonaparte (dans le prochain tome, il passera Napoléon, stade supérieur de son chopage de melon), Les deux sauterelles prend quelques libertés avouées avec la réalité historique, notamment avec l'une des « sauterelles » du titre : la fille de Fouché n'était pas, en 1804, en âge de s'amouracher comme elle le fait ici ; de là à savoir si son pif était aussi disgracieux que celui dont Dufaux et Jamar l'affublent cruellement... En parallèle de l'histoire familiale de Fouché, on assiste aux complots de l'abbé Sathanase, aux questionnements de Napoléon Bonaparte... il reste peu de place au personnage-titre, qui n'apparaît même pas dans la moitié des pages de l'album. Ce foisonnement d'évènements et de personnages est fidèle à l'esprit des feuilletons que Dufaux cherche à émuler, mais empêche dans le cas présent de cerner le héros et sa personnalité, qu paraissent par conséquent un peu effacés. Le scénario s'emballe dans les dernières pages, en un effort artificiel de mettre Son destin est d'être joué par Christian Clavier
Son destin est d'être joué par Christian Clavier
brusquement la Torpille en avant. Tant pis, d'autant que l'album reste intéressant, à la fois pour son approche terre-à-terre des personnalités historiques et pour sa reconstitution documentée de l'époque. Dommage que le dessin semble hésiter entre le réalisme et la caractérisation des personnages, donnant ainsi à la série un aspect un peu bâtard et pas toujours satisfaisant. Les couleurs chaudes et glauques contribuent cependant à donner de la cohérence à l'ensemble.

Pour finir, et parce qu'il faut bien s'amuser un peu, on donnera aux personnages soumis aux rigueurs de l'hiver un conseil puisé dans une ancienne sagesse populaire : pour ne pas avoir froid, ils devraient couper les bras de leur premier consul. Ils auraient ainsi... un Bonaparte manchot. Voilà.

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