7/10Djinn - Tome 8 - Fièvres

/ Critique - écrit par riffhifi, le 28/12/2008
Notre verdict : 7/10 - 39° (Ecrivez votre critique)

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Avant-dernier tome du cycle africain pour la série de Dufaux et Mirallès. Les ingrédients sont connus pour la plupart, mais le résultat toujours aussi unique, comme pour le Coca-Cola. Ce n'est pas une raison pour essayer le Djinn-Coca, c'est très mauvais.

Entamé par le tome 5 Africa il y a trois ans, continué depuis par La perle noire et Pipiktu, le deuxième cycle de Djinn s'apprête à trouver sa conclusion. Délaissant le personnage de Jade jusqu'au prochain (et dernier) tome, Jean Dufaux se concentre sur Kim Nelson qui court toujours après le mystère de son aïeule Lady Nelson... sans oublier d'explorer au passage les charmes de la jungle africaine, chargée de mythes surnaturels et d'érotisme moite.


La série Djinn, si elle témoigne du goût de Dufaux pour les voyages géographiques et temporels, est surtout un véhicule pour l'univers visuel d'Ana Mirallès. La dessinatrice espagnole, qui a sorti cette année l'album Mano en Mano avec Emilio Ruiz, promène la sensualité de son trait depuis une vingtaine d'années dans le monde de la bande dessinée (son premier album Corps à corps, déjà écrit par Ruiz, date de 1990). Arrivés au 8ème tome de Djinn, Dufaux et Mirallès ont-ils vraiment du neuf à offrir ? Non, pas exactement : les allers et retours entre passé et présent, le mysticisme sibyllin, les corps chargés d'érotisme, tout a déjà été vu ; le récit, à la fois documenté et résolument fantastique, dispense quelques valeurs assez convenues (le racisme c'est mal, la soif de pouvoir c'est destructeur, l'amour et le désir c'est plutôt cool...) ; mais inexorablement, l'attrait que dégage la série s'impose au fil de ces nouvelles pages comme dans les précédents volumes. La fascination qui s'exerce ferait presque oublier de caser dans la critique les jeux de mots indispensables comme « Djinn tonique » ou « Djinn taille basse » (ah zut, trop tard), et donne juste envie de s'abandonner.


Le choix qui consiste à alterner les albums consacrés à Jade et ceux qui concernent Kim Nelson peut dérouter, mais l'intérêt de Djinn ne réside pas tellement dans le suspense ni une quelconque logique feuilletonesque : Dufaux lui-même révèle dès la première page la fin de ce nouvel album, et le contenu du prochain ! Cette approche de la bande dessinée, qui consiste à privilégier l'expérience à la narration, la substance à l'explication, est suffisamment rare (dans les séries grand public du moins) pour être saluée.

Et puisque la période actuelle se prête à la consommation de champagne, on lève notre verre au scénario intriguant de Dufaux et au dessin riche et coloré de Mirallès, en disant (désolé d'avance) : « Djinn-Djinn ». Ah oui hein, les fêtes ça pardonne pas...

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