8.5/10Dilbert - Tome 2 - Le harcèlement continu

/ Critique - écrit par riffhifi, le 28/02/2008
Notre verdict : 8.5/10 - Bureau, fais ton office (Ecrivez votre critique)

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Dilbert et sa vie absurde d'employé de bureau sont encore pleins de ressources. L'univers du travail est une manne inépuisable pour le génial Scott Adams.

Dilbert est un personnage vieux de presque vingt ans. Apparu pour la première fois en avril 1989, il stigmatise avec une acuité hors norme la vie en entreprise telle qu'elle est vécue par des milliers d'employés de bureau innocents dans le monde. Sous le crayon impitoyable de Scott Adams, Dilbert et son environnement absurde renvoient au lecteur un miroir désespérément drôle de la vie dans une grosse société (américaine en l'occurrence, mais le petit Français n'aura aucun mal à se projeter dans les déboires évoqués). Depuis 1989, Adams a suivi l'évolution de la vie en entreprise, intégrant rapidement l'omniprésence tentaculaire de l'informatique, les règles de management aux arcanes de plus en plus obscurs, le développement d'une activité de « ressources humaines » parfois discutable, et la propension de plus en plus marquée des employés de bureau à couvrir leur inutilité derrière une barrière de procédures et de rapports.


L'humour dispensé par Dilbert, purement anglo-saxon, se présente sous deux formes ici : le strip de trois cases, ou l'histoire courte en huit cases (occupant une page complète sur fond gris). Généralement, le strip est plus efficace : en trois cases désopilantes, Scott Adams épingle un dysfonctionnement typique ou projette ses personnages dans un enfer reconnaissable, en leur laissant sur le visage une expression de lassitude blasée qui se trouble au pire d'un froncement de sourcils. On retrouve dans cet album la galerie d'incompétents habituels : Richard le collègue expert en inaction, le Boss qui ne comprend rien mais prend des initiatives aléatoires, Asok le stagiaire plein de bonne volonté mais tenté par la "technique Richard"... et les animaux cyniques : le chien boursier, le chat DRH, le singe responsable des fournitures... et bien sûr Dilbert, toujours affublé de sa cravate inexplicablement pointée vers les cieux. Personnage central de l'album, il sert d'élément d'identification face aux personnages et situations incroyables qui traversent le bureau. A titre personnel, je confesse une tendre préférence pour Richard, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un individu que j'ai eu la chance de côtoyer il y a quelques années. C'est un sosie, à ceci près que le mien n'avait pas une conscience complète de son inutilité. Je n'ai pas eu le cœur de la lui révéler, ni de lui offrir un album de Dilbert.

Comme on l'avait fait remarquer lors de la sortie du premier tome il y a plus de deux ans (dommage que Dilbert ne nous arrive qu'au compte-gouttes : les histoires publiées ici datent de 2002 !), les textes perdent une partie de leur saveur à la
traduction, et laissent flotter quelques anglicismes ou autres gags intraduisibles. A la page 46, on note même une curiosité : un dinosaure qui parle de son « troisième il ». Il s'agit probablement d'un troisième œil affecté d'un bug dans la police de caractère. D'une certaine manière, c'est rassurant : les éditeurs de bd ne sont pas plus à l'abri des bugs que les gratte-papiers coincés au 32ème étage des multinationales comme celle de Dilbert.

Si vous travaillez dans un bureau où la hiérarchie, la paperasse, le règlement et les procédures vous rendent fous, Dilbert est la soupape idéale en fin de journée. Scott Adams, merci, ta bd remplit largement... son office (désolé, je l'aime trop, alors je l'ai casée deux fois).

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