6/10Des Dieux et des hommes - Tome 3 - Une petite ville en Amérique

/ Critique - écrit par plienard, le 09/02/2012
Notre verdict : 6/10 - à l’Est, rien de nouveau (Ecrivez votre critique)

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Le projet pharaonique – 30 volumes en 10 ans ! – de Jean-Pierre Dionnet se poursuit avec le troisième tome dessiné par le croate Danijel Zezelj. Entre le prolifique scénariste et le « génial » (dixit Federico Fellini) Zezelj, une coopération s’est effectuée pour un album sombre et dramatique.


Loin des couleurs et du style « pop-art » des deux premiers albums, les auteurs nous prennent de court. Des cases sombres, où le noir domine sur des couleurs flamboyantes. Si un côté psychédélique avait prévalu dans les tomes précédents (surtout le deuxième), le sujet est ici plus profond. Le dieu Soleil Levant, d’origine japonaise, rejoint son père enfermé dans un camp. Nous sommes en 1943, en pleine guerre mondiale. L’Amérique se méfie de ses américains d’origine japonaise. Elle demande, pourtant, l’aide de Soleil Levant qui accepte, sous l’insistance de son père, de partir à la recherche d’un dieu qui aurait pris fait et cause pour l’Allemagne nazie.


DR.
Plus sérieux de par le sujet (les camps de japonais) et l’époque (la seconde guerre mondiale), plus dramatique entre les rapports familiaux entre Soleil Levant et son père et le dessin sombre, l’album reste cependant dans la même veine que ses prédécesseurs avec son histoire de dieu et ses articles journalistiques placés, cette fois, en milieu d’album. C’est l’occasion de revoir quelques dieux et déesses que l’on connaît déjà (la déesse de la nuit, Lilith, le dieu des mouches, Numéro un… ) et de poser une respiration, de manière inhabituelle, dans le récit.

A la fin de ce troisième tome – le plus intéressant à mon avis – il reste cependant un petit goût d’amertume. On voit bien se dessiner le projet de JP Dionnet et l’on pressent que nous allons découvrir les dieux les uns après les autres (30 sur 66 ?). Il crée un monde, un univers, certes, mais qui manque un peu de densité et d’intérêt. Bien que le récit de cette troisième histoire soit un peu plus captivante avec ses thèmes assez forts, le dessin, lui, empêche de découvrir les expressions des personnages. Soleil Levant est particulièrement sombre et on ne détecte aucun sentiment expressif (normal, me direz-vous, c’est un dieu et un dieu n’en a pas). On le voit bien en colère, une fois, mais cela ressort dans la chorégraphie de bataille qu’il livre contre les allemands, plus que par l’expression de ses traits.

Au final, on a un tome qui complète l’album de famille des dieux. Il se découvre sans avoir à connaître les autres. On frémit, pourtant, à l'idée d'avoir 30 albums de ce genre.

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