3/10Dieu n'a pas réponse à tout - Tome 2 - Mais IL sait à qui s'adresser

/ Critique - écrit par riffhifi, le 30/04/2008
Notre verdict : 3/10 - Quand on sait pas, on souffle pas (Ecrivez votre critique)

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Malheureusement, Tonino Benacquista est un peu comme Dieu : peu de gens croient encore en lui et il manque d'idées. Si seulement il savait à qui s'adresser !

Tonino Benacquista est omnivore : romancier (Malavita), scénariste de cinéma (De battre mon cœur s'est arrêté) et de bande dessinée (L'outremangeur, adapté par la suite au cinéma), il touche à tout avec plus ou moins de bonheur. Dans le cas présent, plutôt moins.

Sorti l'an dernier, le premier tome de Dieu n'a pas réponse à tout fonctionnait sur un principe certes rigolo mais vraisemblablement trouvé au dos d'un paquet de céréales : Dieu, pour donner un coup de pouce à quelques humains en difficulté, leur envoie une célébrité morte en rapport avec le problème concerné. Dans le premier volet, on ressortait donc du placard Sigmund Freud, Marilyn Monroe, Homère, Louis XiV, Al Capone et Mozart ; cette année, on a droit à Michel-Ange, Agatha Christie, Cyrano de Bergerac, Fred Astaire & Ginger Rogers et enfin Ernest Hemingway. Ne vous attendez pas pour autant à un tourbillon de références littéraires, artistiques ou cinématographiques, là n'est pas le propos de Benacquista. Pour être franc, on se demande même où peut bien être ce propos ; Eh oui.
Eh oui.
convenues et dénuées de piquant, les historiettes sont d'une fadeur que leur construction monolithique n'aide guère : présentation du personnage à aider, sélection de la personnalité à missionner, rappel de son identité en un paragraphe copié/collé du Robert des Noms Propres (pas celui d'Amélie Nothomb, bande de nigauds, celui avec les noms propres dedans), et déroulement de la mission en quelques pages qui mènent à une victoire prévisible et fadasse, qui vaudra à la célébrité de gagner une faveur divine (faveur qui donne lieu à un joli dessin crayonné, mais dont on n'a intrinsèquement rien à secouer). Fade, pas drôle, pas inventif.

Le dessin de Barral, un peu dépourvu d'âme ici, trouverait plus sa place dans les séries d'humour de Bamboo ; on aurait aimé pouvoir rire du dessin à défaut du scénario, mais peine perdue... Benacquista, de son côté, fait ce qu'il peut pour masquer son manque d'idées : la durée des histoires décline progressivement au cours de l'album, passant de 15 pages au début à 10 à la fin, avec un pic surprenant au milieu pour l'histoire de Cyrano, qui ne méritait pas vraiment ses 16 pages malgré la multiplicité des personnages "à sauver". Dans chacune des cinq histoires, le scénario se résume à une idée, laborieusement étirée sur plusieurs pages avec un sens du gag et de la chute faible à pleurer. On sauvera dans une certaine mesure l'histoire du détective privé, qui craint tellement qu'on arrive presque à en sourire, et celle de Ernest Hemingway, dessiné comme un Sean Connery rondouillard et lancé à la rescousse d'un petit gars qui n'a aucun goût particulier à la vie. Mais sérieusement, il y a tellement de bandes dessinées drôles, spirituelles et intelligentes en circulation qu'on peut faire un large détour sur le passage de celle-ci. Et on rappellera à Benacquista que sortir des célébrités mortes d'un chapeau ne suffit pas à faire une bande dessinée, aussi peu ambitieuse soit-elle...

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