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8.5/10La diète

/ Critique - écrit par Maixent, le 16/03/2014
Notre verdict : 8.5/10 - Insatiable appétit (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Un dessin de qualité et une intrigue plus fine qu'il n'y paraît pour un très bel ouvrage érotique

Incarnation est une belle fille toute en rondeur mais dans le milieu du mannequinat dans lequel elle évolue, cela passe pour une tare impardonnable, surtout aux yeux du directeur de l’agence, ce qui n’empêche pas ce dernier de profiter de sa poitrine généreuse pour y glisser sans ménagement son membre turgescent. Houspillée par tous, la rondelette un peu naïve se rend donc chez le médecin afin d’obtenir une cure à son mal.


Rencontre avec les éboueurs

Comme on peut le voir dès la couverture, Incarnation n’est pas vraiment grosse, en témoigne son ventre creusé et ses membres délicats. Reste qu’elle n’a pas les hanches d’un petit garçon ni des seins atrophiés. Elle  ne correspond pas aux stéréotypes en vigueur mais bien à une réalité féminine soit un corps avec des courbes. Si le discours est convenu entre l’image de la femme-objet qui sert de porte manteaux et la beauté plastique de la femme ronde est présent, Noé ne pousse pas trop loin le cliché. Certes la belle finit par s’accepter telle qu’elle est à travers le regard amoureux d’un beau médecin et le diktat des régimes de charlatans totalement inutiles sont critiqués, mais au-delà de ces poncifs, l’auteur maintient une certaine subtilité dans ses propos.
Grande bouffe

Il en est de même pour les scènes explicites. Le fait d’introduire les rêves d’Incarnation, complètement improbables et oniriques dans un récit somme toute assez classique permet de se servir des idées reçues et des facilités de narration pour aboutir à quelque chose de plus construit. Ainsi on pourra alterner entre une scène violente et tragique, Incarnation se faisant trousser sans ménagement par son connard de patron qui l’accuse de frigidité tout simplement parce qu’il ne prend pas le temps de penser à autre chose qu’à son propre plaisir à un rêve lesbien peuplé d’animaux exotiques dans lequel l’héroïne  se fait lécher par une vision d’elle-même avec quelques kilos de plus. Cette narration syncopée permet de tenir le lecteur en haleine, surpris à chaque page par des situations absurdes qui sont cependant justifiées par le récit.


Grand bleu

Il est à noter aussi un sens des dialogues particulièrement au point. Les personnages s’expriment en fonction de leur caractère, donnant plus de profondeur au personnage. Le cynisme du patron est très bien rendu, de même que les éboueurs repentants face à une demoiselle en détresse qu’ils étaient sur le point de violer donnent un aspect légèrement comique à l’ensemble. Pour ce qui est des dialogues sexuels, ils sont juste parfaits et on retiendra le discours du docteur qui a prescrit des pilules « miracles » à Incarnation : « Maintenant, tu vas connaître la puissance de ma verge ! Je vais te redresser la colonne vertébrale », sans doute un bon conseil pour soigner une hernie…

Le travail est abouti et réfléchi et même si des crayonnés apparaissent dans le dessin cela ne fait que renforcer l’aspect « fait main ». Tout n’est pas parfait mais il y a une certaine fraîcheur dans le dessin et la narration avec un sens de l’équilibre qui donnent à l’ensemble un charme certain. On arrive à bien identifier les personnages et les caractères pour un moment plaisant et léger empreint d’une frénésie sexuelle calquée sur celle de l’héroïne, complétement incontrôlable

Un album faussement léger et facile qui sait se servir des poncifs pour donner à voir quelque chose de plus profond et même si on pourrait aller plus loin, on reste à une certaine hauteur faussement brouillonne . Une jolie satire sur les plaisirs qu’offre un corps à partir du moment où  celui-ci est rempli, que ce soit de nourriture ou autres… 

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