4/10Diamants - Tome 1 - Charles Van Berg

/ Critique - écrit par iscarioth, le 24/06/2007
Notre verdict : 4/10 - C'est la même chanson (Ecrivez votre critique)

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Ce qu'il y a de rassurant avec les BD des Bartoll, c'est qu'on sait à quoi s'attendre. Ce qu'il y a de fatiguant, par contre, c'est qu'on a l'impression de toujours en dire et en penser la même chose

Décidément, le couple Bartoll est partout. Agnès et Jean-Claude, de leurs prénoms, sont d'anciens reporters recyclés dans le scénario BD. Ils investissent toujours le même genre : le thriller matiné d'intrigues financières et politiques : Mortelle Riviera, L'Agence, Insiders... Pour le moment rien de bien brillant. Un niveau qui ne décolle pas du moyen-mauvais pour des raisons qui sont toujours les mêmes et que nous allons évoquer ici une nouvelle fois.

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Fichtre, quelle malheureuse affaire !
Le principal défaut des scénarises Bartoll vous saute au visage dès les premières planches. A vrai dire, on ne connaît pas de pire défaut pour une bande dessinée : une caractéristique maladroite qui vous procure la désagréable sensation d'être pris pour un lecteur-crétin. Cet innommable défaut, c'est l'exposition. Et dans Diamants, l'exposition est continue en plus d'être particulièrement grossière. « Allons-y Joao, c'est vous le directeur de l'Arctic Mine ». « Vue d'ici, cette route de plus de 2000 kilomètres que nous avons fait construire est vraiment spectaculaire ! ». L'art de parler pour ne rien dire. Ou, précisément, l'art de parler pour tout dire, sans rien communiquer. Et ça se poursuit tout au long de l'album, les Bartoll ne se contentent pas seulement d'utiliser l'exposition comme au théâtre, pour placer rapidement un personnage dans une scène introductive. Non, l'exposition semble être leur seul langage narratif ! « Moi je vous donne juste mon avis d'ancien gradé de la 101ème airborne ». Pour sûr, on parle comme cela tous les jours !

Une première planche et le lecteur se heurte d'emblée à d'horribles dialogues expositionnels. Deuxième planche, le lecteur pop corn est récompensé de ses efforts (plus d'une dizaine de cases de dialogues explicatifs laborieux) par une crash scene semblant capillotractée d'un navet hollywoodien de la pire espèce. Une scène qui, cette fois, ne sert pas à expliquer la situation mais à dévoiler le caractère fort de notre personnage principal. Je ne résiste pas à l'envie de vous la raconter, cette scène. Un camion devenu incontrôlable fonce sur Van Berg Junior (le beau, le riche, aux tempes blanches comme celles de Wayne Shelton) qui sauve la vie de son vieil ami par un saut de côté exécuté en lançant avec une classe toute anglo-saxonne : « Fucking truck ! ». Non, non, ne vous retenez pas, vous pouvez rire.

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C'est moi le méchant
Ajoutez à cela les horribles caractéristiques du genre : des méchants avec des têtes de méchants, des braves gars avec des têtes de brave gars, des anachronismes (une allusion à Rambo en 1975 ? Une bimbo à lunettes de soleil en 1937 ?), des bavardages lourdingues, consensuels et maladroits, un dessin purement illustratif... Et l'on pourrait en rajouter jusqu'au déni complet des plus élémentaires règles de ponctuation. Alors, au final, que reste-t-il à sauver ? Force est de constater que Diamants s'annonce être un récit complexe et donc un minimum riche. Si vous supportez les lourdeurs narratives, votre esprit pourra être embrigadé dans la matrice hollywoodienne et potentiellement séduisante qui s'offre à vous.

Ce qu'il y a de rassurant avec les BD des Bartoll, c'est qu'on sait à quoi s'attendre. Ce qu'il y a de fatiguant, par contre, c'est qu'on a l'impression de toujours en dire et en penser la même chose, comme si l'expérience et le progrès n'étaient que de vagues notions purement abstraites aux auteurs.

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